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exclusif Des députés veulent renforcer GDF Suez

EXCLUSIF. Des élus UMP ont proposé de diminuer la participation de l'Etat au capital de la Compagnie Nationale du Rhône, au profit de GDF Suez. Un dossier qui serait soutenu par le gouvernement.
Si cet amendement à la loi NOME est passé inaperçu, il a pourtant suscité un vif débat. Au moment des discussions sur l'ouverture à la concurrence du marché de l'électricité, des députés UMP ont proposé de réduire la participation de l'Etat dans la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) à "au moins un tiers" alors qu'elle est aujourd'hui majoritaire et ce, au profit de GDF Suez. L'objectif est de faire de la CNR un champion de l'hydraulique. La proposition a été rejetée mais aux dires de plusieurs députés, le gouvernement regarde de très près ce dossier. "Un certain nombre d'acteurs politiques y sont favorables", explique l'élu de l'Orne, Jean-Claude Lenoir. "Le gouvernement souhaitait plus de concertation avec la Caisse des Dépôts et Consignations. C'est une orientation qui va être conservée," selon Franck Reynier député de la Drôme et co-signataire de l'amendement (avec Christian Jacob et Michel Havard). Le motif de celui-ci précise que "la Compagnie Nationale du Rhône pourrait devenir le coeur d'un grand pôle français de l'hydroélectricité, et un champion français des énergies renouvelables [...]. Pour ce faire, elle doit pouvoir s'adosser encore plus sur le groupe GDF Suez qui a réaffirmé régulièrement sa volonté de développer la CNR". Une absurdité aux dires du député socialiste de l'Isère, François Brottes : "Rien n'empêche à la CNR de se développer aujourd'hui. C'est, en quelque sorte, un nouveau cadeau fait à GDF Suez". Il voit dans cet amendement un "ballon d'essai" du gouvernement. Chez GDF Suez, qui détient 49,97% de la CNR, on souligne que c'est la première fois que le débat resurgit au parlement depuis l'entrée de la société au capital, même si le sujet est un serpent de mer. C'est en 2000 que les négociations entre la CNR et Suez avaient débuté. Elles avaient suscité tant d'inquiétude de la part des syndicats, que le gouvernement socialiste de l'époque avait adopté la loi Murcef interdisant à un groupe privé de détenir plus de 49,99% de la société de production hydraulique. C'est cette loi de 2001 que les députés UMP ont proposé hier de revoir, en vain.
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