L'affaire Madoff-UBS rebondit demain à Paris
EXCLUSIF.
Une audience importante a lieu demain après-midi au Tribunal de Commerce de Paris, dans le cadre du litige opposant les porteurs de parts de Luxalpha contre UBS.
L'affaire du fonds luxembourgeois Luxalpha, dont les encours étaient entièrement investis chez Madoff et qui était géré par UBS, va rebondir demain au Tribunal de Commerce de Paris. C'est l'avocat Jean-Pierre Martel, l'un des ténors du barreau et fondateur du cabinet Orrick Rambaud Martel, qui va plaider, à partir de 14 h 30, au nom d'une quarantaine d'investisseurs particuliers grugés dans ce scandale financier hors norme.
Si l'audience l'oppose à la banque suisse UBS, c'est parce que cet établissement avait pu obtenir du régulateur luxembourgeois le visa européen conforme aux directives européennes en désignant, dans le prospectus, UBS AG comme "unique promoteur, dépositaire, gestionnaire et agent administratif du fonds". Et cela, même si le prospectus en question mentionnait aussi la société Access, "rabatteur" de Madoff comme "conseiller en investissement, susceptible d'être consulté par UBS aux frais de la banque".
Selon les informations de WanSquare, l'audience de demain après-midi devrait voir l'Autorité des Marchés Financiers annoncer qu'elle apporte son soutien total à l'action des plaignants. La décision aurait été prise par le collège de l'institution, il y a quelques jours.
Car des éléments nouveaux sont apparus ces dernières semaines, grâce à l'enquête menée aux Etats-Unis par le juge Irving Picard. Ce dernier a mis à jour un document liant la société Access à UBS dans lequel il est explicitement écrit que la banque suisse "dans ses fonctions de promoteur et manager du fonds, n'agissait vis-à-vis des tiers, que comme Figure Head". Ces deux derniers mots se traduisant par "homme de paille" ou "prête-nom."
Dans ces conditions, le prospectus qui a servi de caution à tous les porteurs de parts du fonds Luxalpha ne serait qu'une sorte de "faux". La prise de position de l'Autorité des Marchés Financiers témoigne de la volonté de son président d'assurer la crédibilité de son institution, celle de la place de Paris, et de ne pas laisser cette affaire aux mains du seul régulateur luxembourgeois, le CSSF, qui n'a pas fait preuve jusqu'ici d'une grande diligence.
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