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exclusif 200 millions d'euros de manque à gagner pour GDF Suez

EXCLUSIF. A l'instar du gel décidé par le précédent gouvernement, le Conseil d'Etat pourrait invalider le plafonnement à 2% des prix du gaz et de l'électricité. En attendant, la mesure impacte les deux industriels cotés.
La décision prise par le Conseil d'Etat aujourd'hui d'invalider de façon rétroactive le gel sur les prix de vente du gaz naturel ne pouvait pas mieux tomber pour GDF Suez qui, détenu à 36% par l'Etat, est à nouveau dans un bras de fer avec les pouvoirs publics. Selon la Commission de Régulation de l'Energie, la disposition imposée par le gouvernement Fillon entre octobre et décembre 2011 empêchait le groupe de recouvrir l'augmentation des coûts d'approvisionnement en gaz naturel. Ainsi, si le plafonnement à 2% détériore significativement le résultat des sociétés concernées, le Conseil d'Etat pourrait invalider une nouvelle fois l'encadrement des prix officialisé aujourd'hui. En raison du gel des tarifs du gaz imposé par le gouvernement Fillon, l'Ebitda du groupe GDF Suez avait chuté de 51% en 2011. La revalorisation de 2% des prix du gaz aura donc des conséquences similaires sur le résultat de la société, qui avait demandé une hausse de 4,1%. Selon les analystes, une variation de 1% des tarifs entraîne une variation de 100 millions d'euros de l'Ebitda pour GDF Suez. Ce qui représente, ainsi, un manque à gagner de plus de 200 millions d'euros. Sans compter que le cours de bourse du groupe emmené par Gérard Mestrallet a déjà subi les retombées de l'annonce de Jean-Marc Ayrault, en clôturant en repli de 1%, à 17,85 euros. Crédit Suisse a dégradé la note du groupe qui passe de "sous performant" à "neutre". Même punition pour le producteur et fournisseur d'électricité français EDF, pour lequel Crédit Suisse réduit son objectif de cours de 24 à 17 euros, même si le cours de bourse n'en a pas trop pâti aujourd'hui. Dans un rapport datant de mai, les analystes semblaient confiants sur l'avenir de la société et prévoyaient un Ebitda 2012 en hausse de 5%. Des chiffres qu'il faudra désormais recalculer.
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