La prudence de Scor
EXCLUSIF.
Grâce à sa politique de limitation des risques, le français subira des pertes au Japon proportionnellement deux fois moins lourdes que Munich Re ou Swiss Re.
Prudence est mère de sûreté. Et un réassureur se devrait d'être deux fois plus prudent qu'un assureur. C'est le sens de la politique menée par le groupe dirigé par Denis Kessler.
Grâce à cinq niveaux de réduction des risques, Scor parvient à réduire sensiblement son exposition aux catastrophes naturelles. Entre les rétrocessions classiques, la limitation des expositions agrégées, les accords pluriannuels de rétrocessions complémentaires avec l'émission de Cat Bonds et la possibilité d'émettre du capital contingent, le cinquième réassureur mondial et numéro trois sur le marché nippon a réussi à limiter considérablement les conséquences du récent séisme et du tsunami qui a suivi.
Certes, cette politique de prudence a un coût qui se chiffre annuellement à 200 millions d'euros, selon nos informations. Mais elle a permis de réduire à un maximum de 185 milions d'euros le coût du sinistre japonais pour Scor, alors qu'il atteindra 850 millions pour Swiss Re et 1,5 milliard pour Munich Re.
Alors que le géant allemand est 3,5 fois plus gros que Scor, sa facture nippone sera ainsi 8,5 fois plus élevée tandis que Swiss Re, 2,2 fois plus gros, subira une perte 4,6 fois plus importante. Une différence qui n'est pas négligeable, quand on sait qu'en raison du coût des inondations en Australie et du séisme en Nouvelle Zélande au début de l'année, un groupe comme Munich Re avait déjà épuisé la totalité de son enveloppe annuelle de 1 milliard d'euros pour les catastrophes naturelles en 2011.
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17/09/2021 - 10:31

