Série de fin d'année de WanSquare : les personnalités de l'économie se livrent (4/4)
Les questions posées sont les suivantes (sachant que nous avons demandé à chacun d’être le plus bref possible) :
1/ Quel événement vous a le plus surpris en 2016 ?
2/ Comment voyez-vous 2017 ?
Augustin Paluel Marmont, cofondateur de Michel et Augustin:
1/ 2016 : le succès en libraire de notre livre "Passez votre CAP Pâtissier avec nous". Le retour en grâce des savoir-faire manuels.
2/ 2017 : la prochaine révolution française.
Delphine Descamps, managing director de Creadev USA:
1/ La réponse la plus facile est "la politique mondiale et le vote des électeurs". Au niveau plus business je dirais l'invasion toujours plus croissance du digital avec des métiers historiques en pleine révolution.
2/ En politique : de la stabilité et des visions claires. Ne pas rester dans l'incertitude des politiques à venir... Plus business : le digital au service de l'homme et non l'inverse !
Gregori Volokhine, président de Meeschaert Financial Services:
1/ Que les Américains aient réalisés que le statu quo politique était contraire à leur intérêt.
2/ Un Big Bang aux US , une économie revitalisée et débarrassée de son carcan. Le secteur privé qui va reprendre le pouvoir des mains du secteur publique.
Mathieu Chabran, directeur général de Tikehau IM:
1/ L'indiscriminante et exubérante complaisance des investisseurs
2 / L'inverse
Hubert Bouxin, codirecteur de la banque de financement et d’investissement de HSBC en France:
1/ L’appétit des investisseurs pour les infrastructures.
2/ Des opportunités a priori inattendues générées par la volatilité découlant des événements géo-politiques.
Guillaume Aubin, managing partner d'Alven Capital:
1/ Avec l'élection de Trump, le vote du Brexit, et la montée de François Fillon, l'année 2016 a surpris par des choix populaires radicaux et inattendus, signant peut-être le déclin du politiquement correct et du consensus mou.
2/ Dans cette lignée, le grand espoir pour la France de 2017 est d'assumer enfin des choix courageux et non consensuels en matière de politique économique afin de recoller au peloton des pays occidentaux les plus dynamiques.
Xavier Moreno, chairman d'Astorg Partners:
1/ La résistance de la conjoncture et des anticipations positives des marchés financiers au cumul Brexit + Trump + démission de Renzi
2/ J'espère la poursuite du momentum positif sur la croissance et le crédit malgré ces trois événements inattendus
Thierry Timsit, managing partner d'Astorg Partners:
1/ La brutalité de la demande de changement exprimée par les votes dans les démocraties, et l'absence de sensibilité des marchés à ces ruptures politiques apparentes. Sans doute, en corollaire, la victoire totale de la digitalisation du monde : en rendant immédiate la production et la diffusion de l'information, elle rend l'électeur/consommateur à la fois très volatile et affranchi des médias traditionnels.
2/ Une forte instabilité. Les GAFA vont accentuer leur emprise sur l'économie mondiale et les comportements : plus de médias sociaux entraînera plus de volatilité dans le comportements et les "modes", diffusées de façon immédiates et virale au sein des communautés digitales. Ce qu'on appelle généreusement l'économie de partage va continuer à destructurer le mode d'utilisation des biens et du travail, consommés "à l'usage" ou "à la tâche", avec des effets à la fois déflationnistes et socialement déstabilisants.
Paul Strachman, représentant d'Isaï aux Etats-Unis:
1/ Le fait marquant est l’élection de Donald Trump évidemment. D’un point de vue personnel, la mode de l’intelligence artificielle (Alphago de Google, Amazon Go), l'avenir prometteur de SpaceX qui est parvenu à faire atterrir sa fusée, ou encore de la collecte ADN. Aux US, Trump veut redonner des jobs aux américains, mais les avancées technologiques vont détruire des emplois, d'où l'importance d'avoir des débats sur la place de l’homme dans la société.
2/ L'intelligence artificielle va continuer à exploser, la voix va devenir une interface "mainstream", ce qui va entraîner beaucoup de consolidation car certains secteurs ne peuvent subsister (médias, automobile etc). Aux Etats-Unis, l'avenir est difficile à prédire : personne ne sait ce que pense Donald Trump, que ce soit pour la neutralité du Net, le salaire minimum, mais cela est quand même positif pour les marchés. Et en Europe, l’incertitude prédomine : Brexit, élections françaises, un basculement de la mondialisation à la localisation.
Eric Schaefer, managing director d'Eurazeo à New York:
1/ Brexit et Trump, deux grandes surprises des processus démocratiques, à quel prix pour les générations futures ?
2/ Pour 2017, espérons que l’adage "jamais deux sans trois" ne se vérifiera pas à l’approche des élections françaises. Et retrouvons de la sérénité !
Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération bancaire française:
1/ L’événement qui m’ a le plus surprise en 2016 est le Brexit. Un séisme politique pour la Grande-Bretagne tout d’abord, mais aussi pour l’Europe. Au-delà, ce mythe régressif du repli sur soi qui semble se développer partout est très inquiétant. Il nous interpelle aussi en tant qu’acteurs économiques, car la croissance et l’emploi sont nécessaires pour redonner de l’espoir dans l’avenir. Nous devons être au rendez-vous et je me félicite que la force de l’industrie bancaire française, qui est un point d’appui solide pour rebondir, soit de plus en plus reconnue.
2/ 2017 sera une grande année politique en Europe, avec des élections en France et en Allemagne notamment. Les dirigeants qui seront élus auront à réinventer le rêve européen, et devront en faire une priorité : Europe first ! Il faudra renforcer la confiance réciproque et une envie commune d’aller de l’avant, défendre hardiment nos intérêts - par exemple dans les instances mondiales comme le comité de Bâle où l’Europe reste étonnamment peu affirmée - remettre nos économies en ordre de marche et redonner aux Européens la fierté et la confiance dans leur avenir collectif.
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