Regain d'appétit pour le high yield
EXCLUSIF.
Les fonds high yield ont enfin enregistré une collecte positive la semaine dernière. La correction de cet été fait apparaître des opportunités, et amène de nouveaux acteurs.
Le high yield revient enfin en odeur de sainteté auprès des investisseurs. Selon les données d'EPFR Global, les fonds high yield ont globalement enregistré une collecte nette de plus de 3 milliards de dollars durant la troisième semaine d'octobre. C'était la plus importante collecte hebdomadaire en dollars historique mais aussi la meilleure performance des fonds américains par rapport aux montants d'actifs gérés depuis début 2009.
Il faut dire que le segment est désormais plus attrayant, depuis qu'il a subi d'importantes chutes cet été, sur fond de panique liée à l'évolution de la crise grecque. Le spread moyen entre obligations souveraines et corporates est ainsi passé de 500 pb en mai dernier à 1049 pb au début du mois, selon Bank of America-Merrill Lynch, les investisseurs ayant décidé de réduire leur allocation à cette classe d'actifs par crainte de la contagion de la crise en zone euro. Ce chiffre s'est depuis légèrement réduit à 877 pb, car le marché espère maintenant des mesures concrètes du prochain sommet européen de mercredi.
Les opportunités du marché obligataire high yield sont particulièrement évidentes aux Etats-Unis, où le rendement d'un quart des émetteurs est de plus de 10%, ce qui fait apparaitre un taux de défaut de 8% et est décorrélé avec le niveau réel de risque, surtout dans un scénario non récessif aux Etats-Unis. Les investisseurs fixed income traditionnels commencent aussi à se tourner vers le segment high yield: le fonds M&G Investments, qui gèrent 108 milliards de livres d'actifs en fixed income, a par exemple investi pour la première fois dans le high yield, afin de tirer parti d'un différentiel de 5,5% avec la catégorie investment grade. La comparaison est encore plus flagrante avec les obligations souveraines comme le Bund allemand, qui s'échange à un plus bas historique et n'offre plus de rendement suffisant si on intègre l'inflation.
Les investisseurs privilégient toutefois les obligations à maturité courte, ce qui leur permet de bénéficier du coupon attractif sans prendre le risque d'une dégradation de la conjoncture économique. L'incertitude reste de mise, et les précautions utiles.
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