Emission de mauvais augure pour l'Italie
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L'Italie a testé le sentiment du marché ce matin, pour la première émission de 6,5 milliards d'euros à moyen et long terme depuis les élections. Le pays a dû payer très cher pour attirer les investisseurs.
Les résultats des élections législatives hier ont nettement refroidi les investisseurs ce matin, beaucoup moins prompts à acheter de la dette italienne qu'en début d'année. L'absence de majorité claire au Parlement laisse le pays face à un flou politique qui a plus qu'inquiété les marchés, désireux de voir l'Italie poursuivre les réformes entamées par Monti. Le trésor italien a donc dû payer le prix fort pour atteindre le montant visé, soit 4 milliards d'euros pour l'échéance à 10 ans et de 2,5 milliards pour le cinq ans.
Dans le détail, les titres de moyen terme se sont adjugés à un rendement de 3,59% contre 2,94% lors de la dernière émission de même échéance fin janvier, et ceux à long terme ont été émis à un taux de 4,83% contre 4,17% le 31 janvier dernier. Soit une hausse respective de 65 et 66 points de base en moins d'un mois. Bonne nouvelle en revanche: la demande est restée relativement stable par rapport à janvier, 1,31 et de 1,61 fois supérieure à l'offre contre 1,30 et 1,32 la dernière fois. "Cela confirme qu'il y a des acheteurs de souverains non core et encore plus à ces niveaux là. Donc la spirale négative ne se ressent pas encore trop dans les taux", explique Jean-François Robin, analyse chez Natixis.
La hausse des taux lors de l'émission de ce matin est de mauvais augure pour le pays, dont on ne connaîtra pas l'évolution politique avant le 15 mars, lors de la première plénière du Parlement élu hier. D'ici là, les partis de Bersani, Berlusconi et Grillo devraient tenter de trouver une coalition, mais l'exercice s'avère délicat, vu les frictions entre les trois leaders. Malgré tout, "le scénario de blocage est intégré par le marché sur les niveaux actuels donc il faudrait d'autres mauvaises nouvelles pour envoyer les taux au-delà de 5%".
Pour rappel, l'Italie est le plus gros émetteur de la zone euro en 2013, qui doit encore émettre quelque 155 milliards d'euros d'ici la fin de l'année. Depuis le résultat des élections, le rendement des obligations à dix ans est passé de 4,4% à 4,83% en début d'après-midi.
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