Macro-économie / Taux / Salaire / Négociations / France / 2023
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Salaire / Négociations / France / 2023
France : modération attendue pour les hausses de salaires / Elles seraient néanmoins supérieures à l’inflation
C’est peu dire que la question salariale est scrutée avec attention en période d’inflation. Le dernier Bloc-notes Éco de la Banque de France en date insiste particulièrement sur ce point et argue que " le suivi en temps réel des évolutions salariales est un enjeu important pour la politique monétaire". En France, la croissance des salaires repose en grande partie sur les négociations collectives, au niveau des branches et des entreprises, et celles-ci sont majoritairement signées d’octobre à avril. Ce qui permet d’en connaître aujourd’hui la teneur et les conséquences pour 2024.
Un examen minutieux des "117 accords de branche conclus pour 2024 (couvrant 6 millions de salariés, soit environ un tiers des salariés couverts par une convention collective du privé) et environ 1 500 accords d’entreprise (couvrant plus de 600 000 salariés de l’ensemble des secteurs marchands (industrie, construction, services)" a été mené à cet effet. Le chiffre de 3,5 % est ainsi expliqué comme étant le fruit d’un "reflux de l’inflation depuis début 2023 [qui] entraîne toutefois une modération des hausses de salaire négociées qui devrait se poursuivre en 2024".
Modération
Concernant les accords conclus au niveau des branches, ceux signés pour cette année tablent effectivement sur une progression plus faible des rémunérations en 2024 rapportées à celles enregistrées en 2023. L’estimation provisoire faite par les auteurs évoque une "hausse moyenne des salaires minima de branche [qui] serait de 3,3 % au 1er trimestre 2024 contre 5 % au 1er trimestre 2023". Deux éléments majeurs sont mis en avant pour expliquer cette modération salariale, avec d’une part une inflation accélérant son repli et de l’autre une progression du Smic en net repli (avec un relèvement de 1,13 % au 1er janvier 2024, soit 3,4 % sur un an).
Les chefs d’entreprises adhèrent également à la thèse d’une atténuation de la hausse des salaires. L’enquête trimestrielle de la Banque de France qui en interroge 1 700 les a vu tabler sur "une hausse des salaires de base de 3 % sur les 12 prochains mois (contre 4,1 % début 2022". Un élément supplémentaire étayant la possibilité d’un retour de l’inflation à 2 % en fin d’année.
Divergences
Pour autant, tous les acteurs et secteurs de l’économie n’ont pas les mêmes préoccupations et ne font pas face aux mêmes contraintes. Un constat déjà présent en 2023 et qui le sera à nouveau cette année. Les auteurs du Bloc-notes Éco évoquent des hausses de salaires "assez variables d’un secteur à l’autre". Particulièrement avec "certains accords [qui] prévoient des hausses proches ou supérieures à 5 % pour 2024". Ce qui serait le cas pour les branches "transports routiers", ou "prévention-sécurité", afin de "faire face aux difficultés de recrutement et maintenir plus durablement leur grille au-dessus du Smic alors que la proportion de salariés rémunérés au voisinage du Smic a atteint un point haut début 2023". A contrario l’immense majorité des branches a conclu des accords pour des hausses comprises entre 2 et 4 %.
Une analyse sur le temps long débouche sur un constat similaire avec entre 2022 et 2024, une " hausse des minima de branche qui a été en moyenne de 10,3 %, soit un niveau proche de la hausse des prix cumulée sur la même période (10,5 %)". Pourtant, 25 % des branches ont augmenté les " salaires minima de plus de 12 % entre 2022 et 2024, notamment les branches qui ont revalorisé fortement leurs salaires en lien avec les revalorisations du Smic (Hôtels-Cafés-Restaurants, Transports routiers, Entreprises de propreté, Coiffure…) ". Un phénomène identique est présent concernant les accords d’entreprises, tout en étant un peu moins marqué.
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