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Banijay Group / Betclic
Banijay veut passer à la vitesse supérieure / Le géant du divertissement vise 7 milliards d’euros de chiffre d'affaires en 2028
Vingt-trois ans. C’est le temps qu’il faudrait pour regarder le catalogue de contenus du plus grand producteur de télévision au monde, jour et nuit, sept jours sur sept. Un actif qui "constituera un atout de plus en plus important à mesure que les outils d’intelligence artificielle que nous développons augmenteront notre potentiel de monétisation ", a souligné vendredi François Riahi, le directeur général du groupe, à l’occasion du premier Capital Markets Day de l’entreprise.
Un actif d’autant plus précieux qu’il ne cesse de s’étoffer. "Ce catalogue est vivant et s’enrichit continuellement", a-t-il rappelé. Chaque année, Banijay produit l’équivalent de deux années de visionnage supplémentaires, alimentant un flux ininterrompu de formats originaux, qu’ils soient scénarisés — comme les séries et les fictions — ou non scénarisés, des jeux de téléréalité aux documentaires. "Nous sommes de loin la société de contenu la plus créative au monde", a insisté François Riahi, revendiquant un rythme de création supérieur à celui de tous ses concurrents. "La propriété intellectuelle de Banijay s’est élargie de 68 % au cours des trois dernières années pour atteindre 200 000 heures ", a précisé Sophie Kurinckx-Leclerc, la directrice financière.
Parmi les formats les plus emblématiques du groupe : Survivor, Big Brother, Masterchef ou encore Peaky Blinders. Des marques mondialement connues, dont certaines figurent parmi les vingt formats les plus diffusés au monde — six d’entre eux portent la signature Banijay.
2 millions de joueurs actifs uniques
À côté de ce trésor audiovisuel, le groupe est aussi un géant européen du paris sportif via sa marque Betclic, dont la trajectoire de croissance n’est pas moins impressionnante. Depuis l’introduction en Bourse du groupe en 2022, "notre base de joueurs qui a doublé en trois ans pour atteindre plus de 2 millions de joueurs actifs uniques par mois au premier trimestre 2025", a poursuivi Sophie Kurinckx-Leclerc.
L’activité est portée par des tendances démographiques et structurelles : le taux de pénétration des paris sportifs en ligne est quatre fois plus élevé chez les moins de 35 ans que chez les plus de 35 ans, un renouvellement générationnel qui garantit mécaniquement une expansion du marché. À cela s’ajoute un effet de bascule : les usages migrent progressivement du physique vers le numérique, au point que le marché des paris sportifs en ligne "devrait doubler au cours des cinq prochaines années", estime François Riahi.
Autre levier de croissance plus récent mais prometteur : la production d’événements en direct. Lancée en 2023, cette activité est déjà bien ancrée, avec "quatre événements live produits chaque jour dans treize pays ". D’abord les cérémonies, domaine dans lequel Banijay revendique une position de leader mondial, notamment grâce à sa filiale Balich Wonder Studio. Deuxième segment, l’univers du luxe et de la mode, où le groupe s’est hissé parmi les acteurs majeurs grâce à son investissement dans l’agence indépendante Bureau Betak, assorti d’une option pour en devenir actionnaire majoritaire en 2026. Dernière diversification en date : les formats expérientiels immersifs, avec le lancement en février 2025 d’un nouvelle unité baptisée Banijay Live Studio, une activité reposant là encore sur la valorisation de ses propriétés intellectuelles.
Trois leviers stratégiques
C’est forte de cette assise que l’entreprise ouvre un nouveau chapitre, articulé autour de trois leviers stratégiques. Le premier vise à maintenir une croissance organique soutenue, notamment dans les contenus, où le groupe a relevé ses ambitions : sa croissance annuelle devrait se situer entre 5 % et 10 %. Elle était de 5 % au premier trimestre 2025. La marge de progression se situe notamment dans la part des revenus liés aux plateformes de streaming, qui sont passés en cinq ans de "très marginale" à 22 %, et pourraient atteindre 30 %. "Aujourd’hui, les streamers représentent entre 30 % et 35 % de la demande mondiale de contenus ", a rappelé François Riahi. Le groupe entend aussi tripler ses revenus issus des réseaux sociaux, notamment via YouTube.
Le deuxième levier repose sur les synergies entre les différentes activités du groupe, en particulier autour de l’exploitation croisée de la propriété intellectuelle : formats adaptés en événements live ou en jeux en ligne, développement de ponts entre marques et divertissement. Objectif affiché : générer 200 millions d’euros de revenus supplémentaires.
Egalement, Banijay se positionne plus que jamais comme un consolidateur. "Nous vendons désormais à des géants mondiaux comme Amazon, Apple ou Google, alors que le marché était encore très local il y a dix ans", a souligné le directeur général. Pour rester numéro un, le groupe se dit prêt à réaliser des acquisitions structurantes.
D’ici 2028, Banijay vise un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros et un Ebitda ajusté supérieur à 1,2 milliard. Des prévisions établies sans tenir compte de la croissance externe. Logiquement, "comme nous pensons réaliser des acquisitions, ces chiffres devraient être plus élevés. ", prévoit François Riahi. Avec un chiffre d’affaires multiplié par 24 depuis sa création en 2008, pour atteindre 5 milliards d’euros en 2024, Banijay entend bien accélérer encore son histoire de croissance.
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