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Publications, Résultats / Eurazeo

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Chez Eurazeo, la transformation se poursuit sous l’œil exigeant du marché / La création de valeur reste scrutée

La transformation stratégique d’Eurazeo se reflète dans les chiffres : la collecte progresse, les revenus récurrents se renforcent et la plateforme gagne en taille. L’évolution de la valeur du portefeuille demeure toutefois un élément clé dans la lecture qu’en fait le marché.
Christophe Bavière et William Kadouch-Chassaing, les co-dirigeants d'Eurazeo.
Christophe Bavière et William Kadouch-Chassaing, les co-dirigeants d'Eurazeo.

Eurazeo « concrétise les bénéfices de son plan stratégique », titrait mercredi la société d’investissement pour la publication de ses résultats annuels, tandis que son cours de Bourse chutait de près de 6 %. Illustration de l’écart qui existe parfois entre le récit stratégique et la lecture immédiate du marché.

Il faut pourtant reconnaître qu’au regard des objectifs que le groupe s’était fixés lors de son Capital Markets Day de novembre 2023, l’exercice 2025 n’est pas sans mérite. L’un des axes centraux du message concerne la montée en puissance de la gestion pour compte de tiers, devenue au fil des années le pivot du modèle économique du groupe. « Les actifs sous gestion provenant de tiers ont progressé fortement de 15 % sur un an. Nous avons élargi notre base de clients », a souligné William Kadouch-Chassaing, qui co-dirige le groupe avec Christophe Bavière, lors de la présentation aux analystes.

 

Une plateforme qui gagne des parts de marché

 

Les chiffres étayent le propos : la collecte auprès de tiers a atteint 5,5 milliards d’euros en 2025, en hausse de 28 %, portant les AUM totaux à 39 milliards. C’est la troisième année consécutive affichant une croissance des levées supérieure à 20 %, et la progression surpasse nettement celle du marché européen, en hausse de 33 % depuis 2019 selon les propres données d’Eurazeo, quand la plateforme bondissait de 126 % sur la même période. Christophe Bavière le souligne : « Eurazeo gagne des parts de marché et concrétise la promesse que nous avions faite lors de notre Capital Markets Day. »

La dette privée illustre peut-être le mieux ce changement d’échelle. Le fonds institutionnel Eurazeo Private Debt VII (EPD VII), dédié au financement direct des entreprises européennes du lower midmarket, atteignait 3,5 milliards d’euros d’engagements à la fin de 2025. Début 2026, les investisseurs ont demandé à relever son hard cap à 3,9 milliards. La trajectoire des millésimes successifs témoigne de l’ampleur de la progression : EPD IV avait levé 400 millions d’euros, EPD VI 3,2 milliards, tandis que le programme EPD VII pourrait dépasser 5 milliards cette année en intégrant les souscriptions issues de la gestion patrimoniale et de mandats dédiés. « Ce changement d’échelle consolide notre position de leader dans le direct lending small et mid-cap », a souligné le co-dirigeant, rappelant que la franchise maintient un taux de commission moyen supérieur à 80 points de base, soit une prime significative par rapport aux stratégies de crédit plus standardisées.

 

Des revenus récurrents en forte progression

 

Cette dynamique se retrouve dans les revenus issus de la gestion d’actifs. Les fee-related earnings (FRE) ont progressé à 156 millions d’euros, pour une marge de FRE de 35,9 %, dans la cible de 35 à 40 % annoncée au Capital Markets Day. L’Ebitda de l’activité ressort à 206 millions, en hausse de 12 %, avec une marge de 44 %. Les commissions de performance ont doublé à 33 millions, portées notamment par les cessions en buyout. « Plusieurs fonds approchent désormais les seuils de distribution qui permettront de reconnaître de manière plus significative des commissions de performance sur un cycle d’investissement de moyen terme. », a expliqué de son côté William Kadouch-Chassaing.

Si la gestion pour compte de tiers est le moteur stratégique de la transformation du groupe, Eurazeo n’en continue pas moins d’arbitrer activement son portefeuille. Les cessions du bilan ont atteint 1,5 milliard l’an dernier, en hausse de 44 % par rapport à 2024, représentant 20 % de la valeur du portefeuille à fin 2024. Sur deux ans, les sorties d’actifs portent sur 2,6 milliards, soit environ 31 % de l’ANR fin 2023, avec un multiple cash-on-cash brut moyen de 2,1x, un TRI brut de 21 % et une prime de 14 % sur les dernières valorisations. « Cela met en lumière, selon nous, la qualité de notre portefeuille ainsi que le caractère globalement prudent de la manière dont nous valorisons nos actifs. », fait valoir William Kadouch-Chassaing.

 

Un quatrième trimestre qui ternit le tableau

 

Pour autant, sur l’année, la création de valeur au niveau du portefeuille reste le point sur lequel se cristallisent les interrogations. « La forte baisse de l’actif net réévalué au quatrième trimestre occulte tout le reste », résume le cabinet de recherche indépendant AlphaValue. Alors que la valeur du portefeuille par action était remontée à 106,8 euros à fin septembre 2025, elle est retombée à 102,1 euros fin décembre. Malgré la montée en puissance de la gestion pour compte de tiers, la valorisation des actifs détenus au bilan continue ainsi de peser lourdement sur la perception du titre par le marché.

L’enjeu se déplace désormais sur l’exercice en cours. La direction anticipe une amélioration de la création de valeur du portefeuille dès 2026, « à condition que la forte volatilité actuelle des marchés se stabilise quelque peu ». Une réserve qui rappelle combien, dans un modèle encore hybride entre gestion d’actifs et investissement direct, l’évolution des valorisations demeure déterminante.

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