WAN
menu
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Publications, Résultats

Publications, Résultats

Alstom : des questions d’exécution qui plombent ses perspectives / Le groupe déraille à la Bourse de Paris

L’équipementier ferroviaire dévisse de 30 %, vendredi, à la Bourse de Paris, après avoir publié ses résultats annuels préliminaires. En cause : une rentabilité inférieure aux attentes, une révision à la baisse de sa perspective de marge opérationnelle ajustée, ainsi qu’un abandon de ses objectifs de génération de trésorerie de moyen terme. La conséquence, notamment, de l’avancement plus lent que prévu de certains projets. Martin Sion, désormais aux commandes de la direction générale du groupe, devrait présenter un plan de transformation opérationnelle dans les mois à venir.

17/04/2026 - 13:30
Le cours de l'action Alstom a chuté de près de 30 % le 17 avril 2026, moins d'une demi-heure après l'ouverture de la Bourse de Paris, suite à une révision à la baisse de ses objectifs de performance financière en raison de retards de livraison. AFP
Le cours de l'action Alstom a chuté de près de 30 % le 17 avril 2026, moins d'une demi-heure après l'ouverture de la Bourse de Paris, suite à une révision à la baisse de ses objectifs de performance financière en raison de retards de livraison. AFP

La sanction ne s’est pas fait attendre. Alstom plonge d’environ 30 % ce vendredi depuis l’ouverture de la Bourse de Paris, après avoir annoncé abandonner ou réviser certaines de ses perspectives financières. L’équipementier ferroviaire a en effet indiqué qu’il n’atteindrait pas son objectif d’1,5 milliard d’euros de flux de trésorerie disponible cumulé sur les trois années allant de l’exercice 2024/2025 à la fin de son exercice désormais en cours, s'étalant jusqu’à la fin du mois de mars 2027. De même, son objectif de marge d’exploitation (Ebit) ajustée de 8 à 10 % à cet horizon ne sera pas atteint, Alstom tablant désormais sur un niveau d’environ 6,5 %.

D’après les résultats préliminaires publiés jeudi soir (pour l’exercice fiscal 2025/2026, clos fin mars), le groupe a conclu son année sur un record en termes d’activité. Ses commandes se sont élevées à 27,6 milliards d’euros, à la faveur de grands contrats remportés tout au long de son exercice, faisant ressortir le ratio des commandes sur le chiffre d’affaires à 1,4 fois. Ce dernier, en croissance organique de 7 %, a atteint 19,2 milliards d’euros. Le consensus des analystes tablait sur une hausse de 5,4 %. "Dans un métier où une planification rigoureuse et une exécution disciplinée sont essentielles, certains grands projets de matériel roulant ont progressé plus lentement que prévu, pesant sur les marges et la trésorerie à court terme", a néanmoins expliqué Martin Sion, arrivé à la direction générale du groupe au début du mois. En effet, la marge d’Ebit a atterri à environ 6 %. En recul par rapport aux 6,4 % de l’année passée, elle est aussi ressortie en dessous des propres prévisions d’Alstom, qui se situaient aux alentours de 7 %.

Le cabinet Oddo BHF y voit trois facteurs plus détaillés d’explication : des problèmes de montée en cadence sur certains gros projets, certains d’entre eux en fin de livraisons qui accusent des surcoûts, ainsi que des difficultés ponctuelles, d’approvisionnement notamment. "Ces éléments ont donné lieu à une hausse sensible des coûts à terminaison et donc un impact négatif sur la marge brute, malgré des coûts fixes abaissés", observe le bureau d’études.

 

Une ampleur qui surprend

 

Le groupe a bien atteint son objectif de cash-flow libre sur l’exercice (330 millions d’euros, soit dans la fourchette de 200 à 400 millions d’euros initialement prévue), notamment soutenu par les acomptes perçus sur certaines commandes. En revanche, il prévoit désormais que sa génération de trésorerie sera seulement "positive" pour le suivant du fait de ces impairs d’exécution, abandonnant de ce fait les objectifs de cash-flow libre qui avaient été fixés sur plusieurs exercices il y a désormais deux ans. Il faut inclure dans cela que la consommation de cash devrait être significative au premier semestre, de l’ordre de 1,5 milliard d’euros - il est vrai aussi pénalisée par la saisonnalité traditionnelle de sa collecte de trésorerie.

"Certes, l’arrivée d’un nouveau (directeur général) laissait craindre un ajustement des objectifs, mais ce dernier est d’une ampleur inédite et rouvre à nouveau une période de faible visibilité (et donc de forte volatilité du titre)", anticipait ce matin le cabinet Oddo BHF. Ce n’est, par ailleurs, pas la première fois qu’Alstom est sévèrement sanctionné par les marchés pour cause de révision de ses perspectives de free cash-flow, un indicateur particulièrement surveillé par ces derniers.

Si Alstom ne rencontre pas d’accroc quant à sa dynamique commerciale, restera désormais à convaincre les investisseurs de ses capacités à améliorer sa qualité d’exécution et sa discipline opérationnelle. À l’occasion de la publication, Martin Sion a en tout cas précisé : "Nous lançons donc des actions immédiates afin de stabiliser la performance tout en préparant des évolutions opérationnelles plus profondes destinées à rétablir une exécution durable, la génération de trésorerie et une croissance rentable". La présentation d’un plan de transformation opérationnelle ainsi que de nouvelles ambitions à moyen terme est attendue dans le courant de l’exercice. Les résultats audités de l’exercice seront quant à eux publiés le 13 mai prochain.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article