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Le M&A français dopé aux méga-deals, SFR en tête d'affiche / Rothschild reste numéro un, BNP Paribas signe la percée du semestre
Premier semestre hors norme pour le marché français des fusions-acquisitions : la valeur s'envole quand le nombre d'opérations s'effondre. Selon les chiffres préliminaires arrêtés au 26 juin par LSEG, les transactions impliquant au moins une partie française ont atteint 106,6 milliards de dollars, en hausse de 57 % sur un an, pour seulement 1 192 opérations, soit un quart de moins qu'au premier semestre 2025. Sur les seules cibles françaises, l'écart est plus net encore : 53,3 milliards de dollars, en progression de 79 %, pour 671 deals contre 999 un an plus tôt. Mécaniquement, la taille moyenne des opérations a plus que doublé. Le semestre se résume à une poignée de très gros tickets.
Derrière cette envolée, un secteur domine, et un dossier écrase tous les autres. Portées par l'offre de 24 milliards de dollars de Bouygues Telecom, Orange et Iliad sur SFR, détenu par Altice France, les télécommunications sont devenues, selon LSEG, « le secteur le plus ciblé en France depuis le début de l'année, représentant 50 % de l'activité M&A sur cibles françaises ».
Quelques autres transactions majeures viennent compléter le tableau, de l'offre du tchèque EP Group sur Fnac Darty à la cession de l'activité intérieurs de Forvia à Apollo, en passant par l'acquisition de l'américain LiveRamp par Publicis. La France ressort ainsi, selon le fournisseur de données, comme « le 9e pays le plus ciblé pour le M&A au niveau mondial » cette année, et le 4e en Europe. »
Une reprise sans les sponsors financiers
Le rebond n'est toutefois pas celui que l'on pouvait attendre. Le private equity, moteur habituel des cycles haussiers, décroche nettement : les opérations sur cibles françaises adossées à un sponsor financier reculent de 47 % en valeur, à 6,9 milliards de dollars, et leur part dans le marché tombe à 13 %, contre 43,5 % un an plus tôt. La reprise est d'abord industrielle et stratégique, portée par des corporates et des consortiums. Et quand un fonds apparaît parmi les grandes opérations, comme Apollo sur les intérieurs de Forvia, c'est encore sur un carve-out industriel, non sur un LBO classique.
Le cross-border raconte la même concentration : les acquisitions françaises à l'étranger progressent de 21 %, tirées par l'offre de 21,3 milliards de dollars d'Engie sur UK Power Networks, le Royaume-Uni captant près de 57 % des montants sortants. Le tout s'inscrit dans une vague mondiale, la valeur du M&A global progressant de 47 % et celle des cibles européennes doublant sur un an.
BNP Paribas bouscule la hiérarchie
Les grands dossiers du semestre rebattent également certaines cartes parmi les conseils financiers. Rothschild & Co reste solidement en tête du marché français, avec 59,2 milliards de dollars de transactions conseillées et une part de marché de 56 %. Mais le principal mouvement du semestre vient des banques françaises. BNP Paribas bondit de la dixième à la deuxième place avec 56,9 milliards de dollars de transactions annoncées, tandis que Crédit Agricole CIB passe du quinzième au septième rang et que Société Générale remonte de la dix-septième à la onzième place. Parmi les autres évolutions notables, Lazard regagne neuf places pour s'installer au cinquième rang, Morgan Stanley progresse de la treizième à la sixième place et Evercore de la vingt-deuxième à la huitième. À l'inverse, Goldman Sachs recule du deuxième au quatrième rang et JP Morgan de la quatrième à la neuvième place.
La poussée des banques tricolores tient pour beaucoup au rachat de SFR, qui a mobilisé une douzaine de banques conseils, côté cible comme côté acquéreur, de BNP Paribas à Rothschild en passant par Lazard, Morgan Stanley, Crédit Agricole CIB, Société Générale, Goldman Sachs, Citi, Evercore et JP Morgan. L'opération représente de 40 % à 100 % de la valeur conseillée par ces établissements sur le semestre. La boutique Valens Partners en offre le cas extrême : SFR constitue l'intégralité de son book et lui vaut à lui seul sa place au classement.
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