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BNP Paribas prend de l’avance avant son plan 2030 / La banque dépasse ses objectifs de rentabilité et de capital
BNP Paribas aborde la préparation de son prochain plan stratégique en position de force. Au deuxième trimestre 2026, la première banque de la zone euro a affiché une rentabilité en nette progression et atteint avec dix-huit mois d’avance son objectif de capital fixé pour 2027. Le produit net bancaire a progressé de 12 %, à 14,1 milliards d’euros, tandis que les frais de gestion ont augmenté moins vite que les revenus, avec un effet de ciseaux positif de 1,6 point, et de 3,7 points à périmètre et change constants. Le résultat net part du groupe a bondi de 33,4 %, à 4,3 milliards d’euros. Une performance qui doit certes beaucoup à un élément exceptionnel, la plus-value de 858 millions d’euros dégagée sur l’opération Ageas / AGI finalisée fin avril. Mais cette contribution exceptionnelle ne résume pas la performance du trimestre, loin de là : la rentabilité des fonds propres tangibles est ressortie à 13,3 %, au-dessus de l’objectif de 12 % visé pour l’année.
La CIB donne l’impulsion
Le trimestre doit d'abord beaucoup à la banque de financement et d'investissement (CIB), dont les revenus ont progressé de 12,7 %. Au sein du pôle, Global Markets a signé un trimestre particulièrement fort, en hausse de 17,5 %, avec un rééquilibrage notable entre ses métiers : les activités actions, Equity & Prime Services, ont bondi de 43,2 % et font désormais jeu égal avec les activités de taux, changes et matières premières, regroupées sous l’acronyme FICC et restées stables à un niveau élevé. La demande pour les produits actions, nourrie aux États-Unis et en Asie par le cycle massif d’investissements dans l’intelligence artificielle, a pleinement profité au positionnement intégré de BNP Paribas dans le cash actions, les dérivés et le prime brokerage. Le métier titres, Securities Services, soutenu par la volatilité des marchés, a lui aussi vu ses revenus progresser de 17,5 %.
Le pôle de banque commerciale et de services spécialisés (CPBS) a confirmé de son côté son redressement. Les revenus des banques commerciales ont progressé de 9,1 %, tirés par la remontée des marges de dépôts mais aussi par les ventes croisées, génératrices de commissions, en France comme en Belgique. Dans les métiers spécialisés, Personal Finance a également poursuivi son amélioration, avec un résultat avant impôt en hausse de 23 %. Seule ombre au tableau, Arval : la chute des prix des véhicules d’occasion thermiques, accentuée par un basculement de la demande vers l’électrique dans un contexte de renchérissement des carburants, a contribué à faire chuter de 21,1 % le produit net bancaire combiné avec Leasing Solutions. Un effet de valorisation appelé à peser encore plusieurs trimestres, mais compensé à l’échelle du pôle par la croissance organique du loueur, de 11,3 %, et par les autres activités de CPBS.
De son côté, le pôle d’épargne, d’assurance et de gestion d’actifs (IPS) a affiché une progression de 27,3 % de ses revenus, gonflée par l’intégration d’AXA IM, qui a porté les encours gérés à 2 590 milliards d’euros. À périmètre et change constants, la croissance est demeurée solide, à 8,4 %.
Un risque toujours contenu
Sur le front du risque, le tableau est également resté maîtrisé. À 39 points de base des encours, le coût du risque s’est certes rapproché de l’objectif plafond fixé à moins de 40 points de base pour 2026. Mais cette évolution s’explique par une mesure de prudence : BNP Paribas a constitué une provision prospective de 95 millions d’euros afin d’anticiper les conséquences d’une éventuelle dégradation du contexte géopolitique au Moyen-Orient. Dans les métiers, le coût du risque est resté stable, sans signe de détérioration notable de la qualité des actifs.
Le capital ouvre de nouvelles marges de manœuvre
L’autre enseignement de la publication tient à l’avance prise sur le capital. « Le Groupe atteint d’ores et déjà son objectif de ratio CET1 de 13 % fixé à l’horizon 2027 », souligne le communiqué. Cette cible atteinte dix-huit mois plus tôt que prévu ouvre désormais la question de l’allocation de l’excédent de capital. Sur ce point, la ligne de la banque est claire : elle n’entend pas accumuler durablement des fonds propres au-delà de ce seuil et examinera chaque année leur éventuelle restitution, sous la forme d’un dividende exceptionnel ou de rachats d’actions. Les actionnaires percevront déjà un acompte sur dividende de 3,23 euros par action, en hausse de 24,7 %, payable le 28 septembre.
L’IA, l’une des briques du plan 2030
Fort d’un premier semestre à 7,6 milliards d’euros de résultat net, en hausse de 21,8 %, le groupe confirme l’ensemble de sa trajectoire à l’horizon 2028 : rentabilité tangible supérieure à 13 %, coefficient d’exploitation inférieur à 56 % et croissance du résultat net de plus de 10 % par an. Ces ambitions doivent reposer à la fois sur la poursuite de la croissance des revenus et sur une nouvelle accélération des gains d’efficacité. BNP Paribas génère actuellement environ 700 millions d’euros d’économies récurrentes par an, dont 300 millions dans ses fonctions support, un montant qu’il entend porter à 600 millions. La moitié des 300 millions d’euros supplémentaires recherchés devrait provenir de l’intelligence artificielle, l’autre de la simplification et de l’harmonisation des structures, des processus et des outils au sein du groupe.
La préparation du prochain cycle stratégique est toutefois engagée sur un terrain bien plus large. Dès juillet 2025, BNP Paribas avait remanié sa gouvernance afin de renforcer la transversalité entre ses métiers, notamment en réunissant ses quatre banques commerciales de la zone euro au sein d’un même ensemble chargé d’accélérer les investissements communs, l’industrialisation des plateformes technologiques et les ventes croisées. Plusieurs briques du futur plan ont depuis été précisées métier par métier. Dans la gestion d’actifs, la plateforme constituée autour d’AXA IM vise près de 350 milliards d’euros de collecte cumulée d’ici 2030, un quasi-doublement de son résultat avant impôt et environ 550 millions d’euros de synergies de revenus et de coûts à l’horizon 2029.
La banque de financement et d’investissement prépare elle aussi la prochaine étape de son développement, avec une organisation remaniée et plusieurs recrutements de banquiers seniors dans le coverage des grands clients, le conseil en fusions-acquisitions et Global Banking. « Forts des actions engagées ces dernières années et de la solidité de nos fondamentaux, nous sommes très avancés dans la préparation du plan 2030 qui sera présenté en février 2027 », indique Jean-Laurent Bonnafé, l’administrateur directeur général.
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