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Le M&A français passe à l'heure étrangère / Trou d'air au troisième trimestre

Après un premier semestre dopé par quelques méga-deals, le M&A français a nettement ralenti au troisième trimestre. Les acquisitions étrangères ont en revanche résisté, au point de représenter désormais l’essentiel des montants des opérations visant des cibles françaises.
BNP Paribas est en tête du classement des conseils M&A en France. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
BNP Paribas est en tête du classement des conseils M&A en France. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)

Le printemps avait été celui de SFR ; l’été a surtout été celui des acheteurs étrangers. Vu de loin, le compteur du M&A français reste flatteur. Selon les chiffres préliminaires de LSEG arrêtés au 24 septembre, les opérations impliquant au moins une partie française atteignent 165,8 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de l'année, en hausse de 42 % sur un an, soit le meilleur début d'année depuis 2017. Ce total doit toutefois beaucoup au premier semestre. Avec 40,2 milliards de dollars, le troisième trimestre recule de 46 % par rapport au précédent et signe son plus faible niveau depuis le printemps 2025.

Le coup de frein n'est pas seulement français : le M&A mondial recule lui aussi de 45 % d'un trimestre à l'autre. En France, il tient surtout au brutal décrochage du marché domestique. Gonflé au printemps par l'offre de 24 milliards de dollars de Bouygues Telecom, Orange et Iliad sur SFR, le M&A entre acteurs français avait atteint 29 milliards de dollars au deuxième trimestre. Trois mois plus tard, il ne pèse plus que 5,6 milliards, dont près des deux tiers pour le seul projet de prise de contrôle d'Exail par Thales.


Le relais vient de l'étranger


En face, l'inbound a, lui, à peine fléchi. Les acquisitions de cibles françaises par des acheteurs étrangers atteignent 18,5 milliards de dollars, contre 19 milliards au printemps. Elles représentent désormais près des trois quarts des montants des opérations visant des entreprises françaises, contre 40 % au trimestre précédent. Leur place dans le marché a donc presque doublé en trois mois.

Quatre dossiers concentrent plus de 80 % de ce flux. Le belge WDP a proposé une fusion amicale entièrement en actions avec la foncière logistique Argan, valorisée 4,5 milliards de dollars dette comprise par LSEG. Le fonds d'infrastructure de J.P. Morgan est entré en négociations exclusives avec Antin pour reprendre Idex, un dossier valorisé 4,4 milliards de dollars. Le périmètre de LSEG inclut aussi certaines prises de participation minoritaires, comme la levée de fonds de Mistral AI, comptabilisée pour 3,5 milliards de dollars et co-menée par PSG Equity, Samsung et Scaleup Europe Fund. L'allemand Cheplapharm, enfin, reprend vingt médicaments matures de Sanofi et trois sites industriels dans une opération valorisée 2,9 milliards de dollars. Portés notamment par ces opérations, les montants portant sur des cibles françaises progressent de 27 % par rapport à l'été 2025, alors même que le trimestre n'est pas encore clos. Sur neuf mois, les investissements étrangers en France atteignent 47,9 milliards de dollars, en hausse de 55 %, un plus haut depuis six ans.


Une reprise à gros tickets


Cette résistance n'efface pas la forte concentration du marché. Les montants sur cibles françaises bondissent de 82 % à neuf mois, mais le nombre d'opérations recule de 26 %. Les télécoms restent le premier secteur, avec 32 % des volumes pour seulement neuf transactions, un rang qu'elles ne doivent qu'à SFR. L'industrie suit, avec des montants presque triplés, tandis que la technologie demeure le secteur le plus actif en nombre d'opérations.

Le private equity épouse la même logique. Les opérations adossées à des fonds totalisent 21,2 milliards de dollars sur des cibles françaises depuis janvier, 7 % de plus qu'un an plus tôt, mais au travers de 309 opérations, soit 18 % de moins. Au troisième trimestre, leurs montants progressent d'environ 30 % sur un an, à 8,7 milliards de dollars, alors que le nombre de deals chute de 116 à 73. Leur part dans le marché des cibles françaises s'établit à 25 %, contre près de 41 % un an plus tôt.


BNP Paribas au sommet du classement


Dans le classement des conseils, à neuf mois, BNP Paribas parachève la percée entamée au premier semestre. Deuxième derrière Rothschild à fin juin, la banque prend la tête avec 76,8 milliards de dollars d'opérations conseillées et 46 % de part de marché, contre 71,9 milliards et 43 % pour son rival. Elle a notamment accompagné Argan et Mistral AI, ainsi que Vega dans sa montée au capital de Vodafone. Sans surprise, Rothschild conserve toutefois l'avantage en nombre de mandats, avec 94 opérations.

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