La règle de platine de François Hollande
EXCLUSIF.
Si le candidat socialiste n'est toujours pas prêt à voter la "règle d'or" proposée par Nicolas Sarkozy, il entend être néanmoins plus royaliste que le roi.
Wansquare s'est procuré en exclusivité le document réalisé hier par la task-force économique de François Hollande, réunie à la Maison de l'Amérique Latine, afin de tenir compte des modifications de l'environnement liées à la crise des dettes souveraines. Si, dans ce texte, le candidat favori aux primaires socialistes ne se montre toujours pas prêt à voter en faveur de la règle d'or proposée par Nicolas Sarkozy, il fixe des objectifs rigoureux en matière de réduction des déficits et demande à ce que le déficit prévu pour 2012 ne dépasse pas 4 % du PIB.
"Il me semble nécessaire, indique François Hollande, d'accélérer notre ajustement budgétaire pour renforcer la crédibilité de notre trajectoire de finances publiques. Nos engagements européens, je le rappelle, nous imposent de ramener notre déficit à 4,6 points de PIB en 2012 puis à 3 points de PIB en 2013 alors que le déficit attendu pour 2011 s'établit à 5,7 points de PIB. On le voit l'essentiel de l'effort serait, dans un tel scenario, réalisé en 2013. Or, c'est maintenant que la France doit montrer sa détermination à combattre les déficits ; c'est aujourd'hui que le gouvernement doit montrer qu'enfin, il ne se contente plus de paroles mais passe aux actes pour protéger les Français contre les risques que font peser sur eux les soubresauts des marchés financiers.
Je propose donc au gouvernement de ramener le déficit public pour 2012 à 4 points de PIB au lieu des 4,6 points de PIB prévus puis de 3 points du PIB en 2013 afin que les deux prochaines années fassent l'objet d'un effort égal et nécessaire. Pour ce faire, je propose que nous décidions dès à présent de revenir sur les cadeaux fiscaux accordés depuis 2007 à certaines catégories socioprofessionnelles ou aux plus fortunés. La plupart de ces "niches", comme il est convenu de les appeler, n'ont en effet que peu de sens économiquement et sont souvent injustes socialement. Je propose aussi de revenir sur les effets de la niche dite "niche Copé" qui exonère les plus-values financières des entreprises en limitant la déduction des intérêts d'emprunt des entreprises, de durcir les conditions d'utilisation des déficits fiscaux des entreprises lorsque les règles en vigueur favorisent une optimisation fiscale agressive au détriment de toute logique économique et de supprimer plusieurs aberrations actuelles de la fiscalité des entreprises qui conduisent à favoriser les grands groupes par rapport aux PME sans aucune justification.
A cette proposition conjoncturelle et d'application immédiate, il me semble nécessaire d'ajouter une composante de moyen terme aussi je m'engage, si je suis élu président de la République, à restaurer l'équilibre de nos finances publiques au plus tard à la fin de la prochaine mandature en 2017. Je rechercherai un accord large sur des principes de responsabilité budgétaire sur lesquels majorité et opposition puissent s'accorder. Je ne propose pas une règle d'or pour après demain. Je demande des mesures immédiates qui seules pourront réduire notre endettement et ainsi restaurer la confiance. Ce sont ces mesures que je veux prendre tout en relançant la croissance française et en réduisant les inégalités. Ce triple effort, indissociable, c'est le c?ur de la politique économique que je propose et sur laquelle j'aurai l'occasion de revenir samedi prochain à La Rochelle."
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17/09/2021 - 10:31

