La "pilule empoisonnée" ne passe pas au sein du CAC 40
EXCLUSIF.
Alors que les actionnaires des sociétés cotées vont se prononcer sur les dispositifs de lutte contre les OPA hostiles, une étude d'un cabinet d'avocats dresse le panorama des armes disponibles.
Comment éviter les offres publiques d'achat inamicales ? Tel est l'objet d'une étude réalisée par le cabinet d'avocats Herbert Smith Freehills, qui dresse le panorama de l'arsenal de défense dont disposent les sociétés du CAC 40. Si le fait d'avoir un capital bien contrôlé est logiquement l'arme ultime, il n'en reste pas moins que d'autres dispositifs existent pour se mettre à l'abri.
Afin de se prémunir contre les risques de prises de contrôle rampantes, les grandes entreprises concentrent en priorité leurs efforts sur la fidélisation de leur actionnariat, en utilisant le droit de vote double ou encore les dividendes majorés. Dans ce contexte, la mise en place de la procédure dite de "titres aux porteurs identifiables" et le recours aux déclarations de franchissements de seuils statutaires sont dans les faits les principales moyens anti-OPA des sociétés du CAC 40, utilisés par 92,5% et 90% des groupes, selon l'étude.
Instaurés par la loi OPA de mars 2006 et annoncés comme la parade ultime contre les actions hostiles, les bons "bretons" ou la "pilule empoisonnée à la française" sont, en revanche, loin de susciter l'engouement des entreprises. Lors des assemblées générales l'an passé, seulement 10% des groupes du CAC 40 ont choisi de les adopter, contre 17,5% en 2007, précise l'étude du cabinet d'avocats. Toutefois Bouygues, Pernod Ricard, Safran et Saint-Gobain ont mis en place un système d'autorisation permettant au conseil d'administration d'émettre des bons "bretons" en cas d'offre publique non sollicitée.
Bien que peu nombreuses ces dernières années, les prises de participation rampantes sont toujours une menace bien réelle pour les plus grandes entreprises hexagonales. Nombre d'analystes estiment que certains fleurons nationaux tels que Carrefour, Danone, Saint-Gobain ou Alcatel-Lucent restent sur la liste des "opéables", en raison de la fragmentation de leur capital.
Par ailleurs, l'étude révèle l'influence grandissante des "proxy advisors" ou sociétés de conseil en vote, qui se montrent généralement opposées à l'adoption de mesure anti-OPA par les actionnaires. De quoi faire réfléchir et modifier les comportements, lors des prochaines assemblées.
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi

