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Sur les marchés
L'Afrique intéresse toujours les financiers
Investir en Afrique n’est pas chose facile lorsque l’on n’est pas connaisseur de ce marché et que l’on s’arrête aux premiers signaux incitant à la prudence. De nombreux pays restent très dépendants du cours des matières premières comme le Nigéria dont la rente pétrolière couvre 70% du budget. La volatilité des devises est parfois impressionnante à l’instar du kwacha zambien qui a chuté de 49% depuis le début de l’année par rapport à l’euro. Sans parler de l’instabilité politique, des groupuscules terroristes ou encore de la corruption qui n’alimentent évidemment pas la confiance dans les marchés financiers. En octobre 2015, le FMI a d’ailleurs revu à la baisse le taux de croissance en Afrique subsaharienne de 4,5% à 3,75%.
Pourtant, le continent africain avec ses 23 Bourses et ses 1414 sociétés cotées est loin d’être homogène et comporte en son sein des marchés au fort potentiel à long terme. Déconstruire les idées reçues est donc indispensable pour parvenir à saisir ces opportunités. D’ailleurs, les entreprises déjà sur le terrain sont les plus conscientes de cette dynamique : une étude d’Ernst & Young de 2014 montre que 86% des sociétés qui ont déjà une activité en Afrique pensent que l’attractivité du continent va encore s’améliorer sur les trois prochaines années contre seulement 47% pour les entreprises qui n’y sont pas établies.
A contre-courant des préjugés donc, la démocratie gagne progressivement du terrain (Kenya, Malawi ou Madagascar) et plusieurs pays africains arrivent devant certains pays développés dans le rapport de l’ONU de 2014 sur la corruption (Le Botswana, classé 31ème, se place devant Israël et l’Espagne par exemple). Le pouvoir d’achat augmente et fait de l’Afrique une terre de futurs consommateurs. Toutes les devises ne souffrent pas d’une forte volatilité à l’instar du Franc CFA ou du dirham marocain adossés en grande partie à l’euro. Enfin, en termes d’investissements et d’un point de vue pratique, la communication financière s’améliore grandement sur le continent africain. L’essentiel des pays d’Afrique de l’Est et Australe sont passés aux normes IFRS afin d’améliorer la transparence de leurs états financiers.
Autant de raisons qui ont encouragé La Financière de l’Echiquier à soutenir la création de Obafrica et d’en faire un partenaire sur le long terme. Ce fonds de stock-picking dédié à l’Afrique, dont le Président Ouissem Barbouchi et la Directrice Générale Umulinga Karangwa ont présenté leurs objectifs ce matin, a des objectifs très précis. Il souhaite se distinguer des autres fonds en ne se concentrant pas uniquement sur la thématique commodities et en ne passant pas seulement, comme beaucoup, par des sociétés cotées en Europe pour intégrer le marché africain. Cette stratégie, axée sur les secteurs Finance et Consommation et une exposition sur une dizaine de pays (Nigéria, Afrique du Sud, Egypte, Kenya…) se veut une réponse efficace pour ceux qui souhaiteraient jouer la thématique de l’essor africain.
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