Banques : la diversification pour rétablir la confiance
EXCLUSIF.
La Société Générale a, par exemple, tablé sur de la dette chinoise et des prêts automobiles allemands. Le Crédit Agricole s'est, lui, refinancé auprès de placements privés italiens.
Tout est bon à prendre pour assurer sa crédibilité. Les grandes banques françaises diversifient leurs actifs afin de répondre aux exigences en capital de Bâle 3. Car les établissements ont été ébranlés par la crise grecque. Fin janvier, les prêteurs détenaient environ 38 milliards d'euros de prêts privés en Grèce, soit l'exposition la plus importante, selon les données de la Banque des règlements internationaux (BIS).
L'an dernier, le Crédit Agricole, la Société Générale, BNP Paribas et Natixis ont augmenté leurs actifs de 11% à 3 720 milliards d'euros. Dans le même temps, les banques se sont désengagées dans les autres pays européens à hauteur de 7%, selon les données compilées par Bloomberg.
BNP Paribas a même coupé dans ses actifs belges et italiens, ses plus gros marchés de banque de détail hors de France, de respectivement 1,6% et 3,6%. La Société Générale a augmenté ses actifs français de 15% et s'est financée à moyen et long termes auprès d'investisseurs d'Europe du nord. La banque a aussi titrisé 700 milliards d'euros de prêts automobiles allemands, soit moins de 0,5% de son bilan.
Les mouvements à l'étranger ne s'arrêtent pas là. BNP Paribas et le Crédit Agricole, qui opèrent tous les deux dans les services bancaires aux particuliers en Italie, ont usé de cette manne. Au premier trimestre, le Crédit Agricole a effectué 15% de son refinancement auprès de placements privés avec des clients de son entité italienne, Cariparma.
Les besoins en financements ont été anticipés du côté de la Société Générale. La banque a déjà couvert la plupart de ses besoins pour 2012. L'établissement avait émis 2,6 milliards d'euros d'avance en 2011. Ainsi, ses prochaines émissions couvriront les besoins pour 2013. L'institution a émis 8,7 milliards d'euros entre janvier et le 23 avril, dont 35% financés par des obligations adossées à des prêts hypothécaires. Le mois dernier, elle a vendu sa première obligation Dim Sum, levant ainsi 79 milliards de dollars pour les financer ses opérations chinoises.
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17/09/2021 - 10:31

