Professions financières / Corporate finance
Professions financières
Corporate finance
Wendel: tout change mais rien ne change
La holding d'investissement cotée a publié des résultats 2012 handicapés par les dépréciations sur Saint-Gobain. Avec une gouvernance remaniée à la marge, l'ambition est de se renforcer sur le non coté.
La famille Wendel, dynastie industrielle des maîtres de forge, a l'habitude des mutations dans la durée, tout comme les changements qu'elle insuffle à ses participations sur le long terme. C'est pourquoi l'année 2012 semble encore être celle d'une transition en douceur d'un groupe qui fut actionnaire des plus grands noms français de la cote, à l'instar de Cap Gemini, BioMérieux. Et l'est encore aujourd'hui de Saint-Gobain, Bureau Veritas et Legrand.
Mais ce sont désormais ces actifs cotés, et plus particulièrement Saint-Gobain, qui ont pesé sur les comptes du groupe en 2012. Ainsi, le résultat net du groupe de construction, qui souffre toujours d'une conjoncture défavorable couplée à une hausse de l'imposition, a chuté de 35,1% alors que son autre principale participation cotée, Bureau Veritas, a grimpé de près de 16%. Par ailleurs, Saint-Gobain représente plus des deux tiers des 604 millions d'euros de dépréciations d'actifs enregistrés par Wendel l'an passé. Ces éléments non récurrents ont certes été compensés par le jackpot de la vente de Deutsch, qui a permis d'engranger une plus-value de 689 millions d'euros, mais ces performances ont directement impacté le résultat net, en baisse de 58% sur l'exercice. Cela n'a pas empêché Wendel d'annoncer un dividende en hausse de 35% à 1,75 euro par action, qui devrait satisfaire ses 23% d'actionnaires individuels.
En parallèle, certains actifs non cotés du groupe croissent de façon très dynamique, et à leur tête le fabricant de revêtements Stahl, dont le résultat net progresse de 92,8%! Plus petit, le loueur de voitures à longue durée Parcours, dont la reprise début 2011 a été le fait du président du directoire Frédéric Lemoine, est également en bonne voie (+24% des profits). Mais cela cache des performances en demi-teinte, comme celles de Materis dont la restructuration financière a été bouclée en mai dernier.
Le chimiste de spécialités pour la construction a vu son résultat net tomber dans le rouge à près de 10 millions d'euros, alors qu'il dégageait près de 30 millions d'euros de profits l'an passé. La dégradation de la situation en Europe du Sud, et notamment en Espagne, a impacté l'activité, et son actionnaire souhaite toujours se désengager d'une ou deux filiales. Début 2012, Wendel avait testé l'appétit des candidats pour la filiale d'aluminates, Kerneos, et celle d'adjuvants, Chriso, mais ceux-ci avaient renoncé au printemps, face à l'incertitude politiquée liée aux élections présidentielles. Mais le projet est toujours de céder au moins une division dans les deux ans.
Malgré des divergences de résultats, Wendel a continué à créer de la valeur sur son portefeuille, puisque son actif net réévalué est en hausse de 56% sur l'année, à 132,5 euros par action. Soit une décote d'encore 38% sur le cours de Bourse. Et cela, grâce à la bonne tenue des marchés boursiers et de ses trois lignes cotées, Bureau Veritas, Saint-Gobain et Legrand. Mais l'investisseur souhaite avant tout muscler son autre jambe, celle du non coté. Grâce à une situation financière consolidée - une dette brute ramenée sous 4 milliards d'euros, un ratio loan-to-value proche de 35%, 700 millions de trésorerie et 400 millions de nouvelles lignes de crédit bancaire à cinq ans-, le groupe a les moyens de ses ambitions. Il prévoit donc d'investir environ 2 milliards d'euros sur quatre ans, exclusivement dans le non coté, a bien précisé Frédéric Lemoine.
Un programme qui montre le nouveau visage que souhaite avoir Wendel, dont la gouvernance a pourtant peu bougé depuis l'arrivée de Frédéric Lemoine en 2009. Encore une fois, la transition familiale se fait en douceur, puisqu'Ernest-Antoine Seillière est remplacé comme président du conseil de surveillance par François de Wendel comme président du conseil de surveillance, et prend le titre de président d'honneur. Trois nouveaux administrateurs sont nommés, dont deux femmes et Laurent Burelle, le patron de Plastic Omnium. Mais les maîtres des forges président toujours aux destinées de ce groupe, qui concilie tradition industrielle et finance de marché.
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi

