Private Equity / Private equity
Private Equity
Private equity
Private equity français : lueur d’espoir avant l'apocalypse?
Un « regain
d’optimisme », immédiatement qualifié de « mesuré », tel a été
le message de Louis Godron, patron d’Argos Soditic et président de l’Afic
(Association Français des Investisseurs pour la Croissance), lors de la
présentation de l’activité des acteurs français du capital-investissement en
2013.
La première
bonne nouvelle est venue des levées de fonds, qui ont bondi de 64% l’an passé à
8,2 milliards d’euros. Mais là aussi, il convient de réfréner toute euphorie
car le poids d’Ardian, qui a finalisé son spin-off d’Axa et levé environ 2,8
milliards d’euros à lui seul, est prépondérant dans ce résultat. Plus notable
encore, ce succès est le lot de quelques « happy fews » puisque
seules huit sociétés de gestion ont collecté plus de 200 millions d’euros, soit
62% des montants. La tendance a néanmoins été positive au deuxième semestre, avec 5,5 milliards d’euros de collectes, ce qui
donne espoir sur la poursuite de ce mouvement cette année. Une nécessité car,
comme le souligne Bertrand Rambaud, président de Siparex et du comité Etudes économiques
et Statistiques de l’Afic, « les besoins annuels des entreprises se
situent plutôt autour de 10-11 milliards d’euros ».
Les
compagnies d’assurance ont représenté 25% des collectes, mais le montant est
biaisé par Ardian, reconnaît l’Afic. Les entités du secteur public, soit
bpifrance, contribuent en revanche à 19% des levées, suivies par les family offices
(16%), un contributeur en hausse et qui témoigne de la rentabilité de la classe
d’actifs. Autre point important, les fonds étrangers représentent désormais 45%
des levées, contre 30% en 2012, d’où un défi majeur pour les fonds midcap qui n’ont
jusqu’à présent jamais eu à faire appel aux capitaux étrangers. « Plus on
est gros, plus il est facile de lever. La capillarité des sociétés de gestion
en France est menacée », pointe Bertrand Rambaud.
Du côté des
investissements, on compte 1560 entreprises financées, soit un chiffre
quasiment stable alors qu’il est un critère de déploiement du métier. Surtout,
moins de la moitié des investissements (42%) se font dans de nouveaux dossiers,
ce qui trahit la difficulté de la classe d’actifs à se renouveler. Néanmoins,
une très bonne nouvelle vient du rebond des montants investis en capital-innovation,
à 642 millions d’euros en 2013 (+54%) et 489 start-up (+34%). Cela vient en
grande partie du lancement du fonds national d’amorçage, qui a financé
des fonds et activé la pompe car, comme le souligne Louis Godron, « l’offre
appelle la demande ». Mais nous sommes encore loin du but, rappelle-t-il,
car le venture ne représente que 0,3 pour mille de notre PIB, contre 1,8 pour
mille aux Etats-Unis. Un retard injustifié car « nos entrepreneurs sont de
très bonne qualité, ont de bons projets et une technologie en pointe, il n’y a
aucune raison que la classe d’actifs soit moins importante dans l’économie en France »,
martèle-t-il.
Au niveau
sectoriel, les fonds se montrent très volontaires pour investir dans l’industrie
et la chimie, où la croissance des tickets a été supérieure à celle du marché
et où 15000 emplois ont été créés l’an passé.
Enfin, les
montants de sorties ont grimpé de 64% à 5,6 milliards d’euros l’an passé,
surtout grâce au capital-développement, ce qui est une bonne nouvelle pour ce
segment midcap. Point encourageant : le retour des IPO, qui ont été
multipliées par 3,6 à 1,05 milliard d’euros. En revanche, les cessions à un
autre fonds (1,58 milliard d’euros) surpassent largement celles à un industriel
(1 milliard), contrairement à l’an passé où quelques très grosses sorties
corporates avaient tiré les chiffres.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

