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Sur les marchés
Le venture français cale au troisième trimestre
La pompe du capital risque européen s'est encore un peu plus asséchée au troisième trimestre 2014. Selon les données compilées par Dow Jones Venture Source, seuls 15 fonds ont levé un total de 600 millions d'euros de juin à septembre, soit une baisse de 42% sur les montants collectés et de 25% sur le nombre d'acteurs par rapport au trimestre précédent. C'est toutefois mieux que le troisième trimestre 2013, qui avait marqué un coup d'arrêt avec moins de 500 millions d'euros collectés, un point bas depuis 2011.
La médaille du trimestre revient au britannique Advent International, qui a bouclé le premier closing de son deuxième véhicule centré sur les sciences de la vie, à 114,6 millions d'euros. Néanmoins, aucun VC français ne figure dans le Top 5 des levées de fonds européennes du trimestre.
Le constat n'est guère plus brillant concernant l'activité du capital risque: 323 entreprises européennes ont levé un total de 2,3 milliards d'euros sur le trimestre, en hausse de 3% en valeur par rapport au Q2 mais en baisse de 17% en nombre d'acteurs. Cela dénote la progression du montant médian des chèques signés par les fonds de venture, qui s'établit à 2 millions d'euros au troisième trimestre 2014, soit deux fois plus qu'un an plus tôt. En montant, le trimestre est le plus actif depuis 2001, ce qui est très encourageant mais encore une fois, ce n'est pas vraiment grâce au dynamisme de la France.
Seule une société française figure parmi le Top 5 des opérations de venture du trimestre: il s'agit de la biotech Biocartis, qui a lancé une plateforme automatisée de diagnostics moléculaires et a levé 64,5 millions d'euros au cours d'un sixième tour de table auprès de Hitachi Chemical Corporation, Johnson & Johnson et PMV. La première place revient au site allemand de e-commerce alimentaire Delivery Hero, qui a collecté le montant record de 350 millions de dollars. La France ne point ainsi qu'à la troisième position dans le paysage européen du venture, avec une part de marché de 15%, derrière la Grande-Bretagne (25%) et l'Allemagne (18%). Pire, du côté des levées de fonds, l'Hexagone est relégué en quatrième place en Europe, derrière la Suisse! Seul lot de consolation français: l'activisme de bpifrance, qui a finalisé pas moins de dix opérations au cours du trimestre, ce qui en fait l'un des investisseurs les plus dynamiques en Europe.
Le ralentissement du cycle du capital risque européen se manifeste enfin avec une légère baisse du nombre de sorties, principalement en raison de l'essoufflement des IPO. Seize sorties du venture en Bourse ont eu lieu de juin à septembre pour un total de 447 millions d'euros, contre 21 deals et 529 millions d'euros au trimestre précédent, ce qui est toujours bien plus que les 3 IPO enregistrées l'an passé. Mais les marchés européens sont désormais plus volatils, et ont déjà provoqué le report de plusieurs opérations. Enfin, la récente IPO de DBV Technologies au Nasdaq, ainsi que l'annonce de Nicox concernant son possible transfert sur la plateforme américaine, démontrent la suprématie américaine pour monétiser les actifs du venture.
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