La forteresse Danone
Le leader mondial des yaourts enregistre un trimestre solide, un bain de jouvence dans ce contexte d'incertitudes. La vente de la division eaux pourrait lui donner un nouvel élan stratégique dans la division nutrition infantile.
En plein marasme à la Bourse de Paris ce matin, en raison de la menace qui pèse sur le triple A français, le titre Danone est une des meilleures performances du jour, en grimpant de 1,73% dans un marché qui perd 1,5%.
Les investisseurs saluent un non-évènement, la publication du chiffre d'affaires du groupe agroalimentaire au troisième trimestre. Danone n'a fait que ce qui était annoncé et attendu, mais dans un environnement toujours prompt à encaisser de mauvaises nouvelles, la tenue de cette feuille de route satisfait.
Danone a rencontré le consensus des analystes avec un chiffre d'affaires de 4,8 milliards d'euros au troisième trimestre, en hausse organique de 5,9%. L'activité a pourtant nettement ralenti, puisqu'elle avait été supérieure à 8% jusqu'à présent en 2011. Certes elle aurait été de 6,4% en excluant Unimilk, mais c'est le prix du retournement de l'acteur russe, acheté en 2010 et qui sera totalement intégré début 2012.
Ce sont les produits laitiers frais qui ont le moins bien performé: +3,5% au troisième trimestre, et une baisse de 1,5% des volumes. Comme WanSquare l'a annoncé hier, ce sont les marchés russes et américains qui déçoivent avec une croissance nulle. C'est pourquoi la hausse des volumes s'essouffle (+1,2% soit moitié moins qu'au deuxième trimestre), et Danone ne tire sa croissance que grâce aux hausses de prix engagées au premier semestre.
Ce sont en réalité les nouveaux pôles de nutrition infantile et de nutrition médicale qui sont les fers de lance du groupe dirigé par Franck Riboud, générant autour de 10% de croissance ce trimestre, grâce au dynamisme des pays émergents (Chine, Turquie, Singapour) où il détient des parts de marché à faire pâlir d'envie la concurrence. Bon an mal an, Danone se rapproche donc sans trembler de ses objectifs annuels, soit une croissance organique entre 6 et 8% et une augmentation de la marge opérationnelle de 20 points de base en 2011, et une hausse du free cash flow de 2 milliards d'euros en 2012. Reste à savoir ce qu'il va advenir de la division eaux. La croissance organique y a ralenti au troisième trimestre (+7,9% contre 18,9% au Q2), mais Danone l'a expliqué par les facteurs météorologiques.
Néanmoins, une cession de cette activité, dont la croissance organique et la rentabilité sont légèrement inférieures au groupe, est plus que jamais à l'ordre du jour. Bloomberg parle ce matin des discussions avec le japonais Suntory, ce dernier pouvant être intéressé par les positions de choix de Danone en Asie. L'an dernier, le français attendait entre 5 et 7 milliards de dollars pour la totalité de la division.
Cette cession pourrait en tout cas être le signal d'un renouveau stratégique de la part de Danone, tant attendu par les analystes. Le groupe aurait ainsi les moyens de racheter la division de nutrition infantile de Pfizer, bientot en vente et valorisée plus de 10 milliards de dollars, sans avoir recours à une augmentation de capital. Un vrai soulagement dans le contexte actuel, même si le titre Danone a moins souffert pendant l'été (-12% contre -22%) et valorise à plein sa force de résilience, en se payant 14 fois les bénéfices 2012.
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi
17/09/2021 - 10:31

