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Les plus gros LBO de l’histoire ont-ils été les plus rentables?
Si le rachat de Veritas par Carlyle et le fonds de pension canadien CPP Investment Board pour 8 milliards de dollars est pour l’instant le plus gros LBO de l’année aux Etats-Unis, on est loin des records atteints en 2005-2007, lorsque les marchés étaient au plus haut et que les financements coulaient à flots, ouvrant la voie à des montages particulièrement agressifs. Qui ne se sont pas toujours terminés de la meilleure façon, lorsque la conjoncture s’est retournée. Les sept fonds de private equity qui avaient organisé la reprise de SunGard en 2005 pour 11,3 milliards de dollars en ont fait l’expérience : au terme de l'un des plus longs LBO de l’histoire, ils viennent enfin de le vendre à Fidelity National Information Services pour 9,1 milliards de dollars. Après avoir envisagé une IPO qui les aurait obligé à rester plus longtemps au capital, ils tirent au final entre 1,5 et 2 fois leur mise grâce à l’effet de levier, soit un rendement bien décevant par rapport à ce qu’ils avaient anticipé à l’époque.
Le spécialiste des logiciels financiers SunGard a pâti de plein fouet de la crise, qui a engendré des coupes dans les coûts de la part des acteurs financiers et obligé ses propriétaires à faire le dos rond pendant de longues années avant d’envisager une sortie. Mais d’autres méga deals ont connu un destin bien plus tragique. Ainsi, l’électricien TXU, désormais appelé Energy Future Holdings, avait été repris par KKR, TPG et Goldman Sachs pour la coquette somme de 31,8 milliards de dollars en 2007, mais a ensuite été ébranlé par la chute des tarifs réglementés de l’énergie, et a fini par tomber en banqueroute en avril 2014, en se plaçant sous la protection du Chapitre 11 sur les faillites.
Même clap de fin pour la chaîne d’hôtels et de casinos Caesars, rachetée pour 31 milliards de dollars par Apollo et TPG Capital en 2007, qui a ensuite connu une longue descente aux enfers avant de tomber en redressement judiciaire et s’attirer l’opprobre de plusieurs hedge funds créanciers très puissants comme Elliott Management, Oaktree ou encore Canyon Partners.
Dans l’hôtellerie, Hilton, repris par Blackstone pour 26 milliards de dollars en 2006, a connu un meilleur dénouement : après avoir organisé une IPO fin 2013 afin de rembourser une partie des 20,8 milliards de dette contractée lors du LBO, le groupe affiche une capitalisation boursière de 26 milliards de dollars et a permis au fonds de Steve Schwarzman d’empocher une plus-value de 12 milliards de dollars. First Data, le groupe de services de paiement racheté pour 26,4 milliards de dollars en 2007, est lui aussi parvenu à revenir dans le vert et compte optimiser son bilan grâce à une entrée en Bourse prochaine. Dans les télécoms, TPG et Goldman Sachs ont décidé de ne pas faire durer les choses avec Alltel, acquis pour 25,7 milliards de dollars en 2007. Ils l’ont revendu pour 28,1 milliards à Verizon Wireless deux ans plus tard. Enfin, la chaine d’hôpitaux HCA, entrée dans le giron de Bain Capital, KKR et Merrill Lynch pour 21 milliards de dollars en 2006, est finalement entrée sur les marchés cinq ans plus tard, pour le plus grand profit de ses actionnaires : elle pèse désormais 37,8 milliards de dollars en Bourse.
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