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Le bout du tunnel grec

La cession d'Emporiki est une question de semaines, mais le Crédit Agricole entrevoit encore plusieurs années de conjoncture difficile en Europe.
A chaque jour suffit sa peine. Alors que la filiale grecque de la banque verte lui a encore coûté 370 millions d'euros au deuxième trimestre après 940 millions au premier, le Crédit Agricole, qui doit choisir entre trois prétendants, espère pouvoir acter sa sortie d'ici quelques semaines. L'aventure Emporiki aura été une telle catastrophe financière et la situation de l'économie grecque devant rester difficile pendant encore plusieurs années, cette perspective est forcément une bonne nouvelle pour la banque dirigée par Jean-Paul Chifflet. Se débarrasser de ce boulet aura néanmoins encore un coût. Alors que la banque verte a procédé à une recapitalisation de sa filiale hellène le mois dernier, son exposition en capital sur Emporiki atteint 2,7 milliards d'euros. Il est clair que les conditions dans lesquelles l'une des trois principales banques grecques acceptera de reprendre ce fardeau devraient se traduire par un abandon substantiel des capitaux investis. Sans compter un probable abandon d'une partie des 2,3 milliards de financements accordés parallèlement par le Crédit Agricole. En tout état de cause, une perte de plusieurs milliards d'euros pour solde de tout compte est préférable à la poursuite d'une coûteuse perfusion. D'autant que la banque verte a d'autres chantiers délicats, mais aux perspectives à terme plus favorables. L'Italie demeure ainsi un foyer de désillusions, avec les pertes en capital liées au désengagement progressif d'Intesa SanPaolo, et la rentabilité insuffisante de Cariparma qui implique un plan drastique de réduction des coûts. Sans compter la banque de financement et d'investissement, qui voit ses revenus et ses profits fléchir sensiblement en raison de la conjoncture. Heureusement, les activités de banque de proximité continuent à bien se comporter. Plus que jamais coeur de métier du groupe, elles lui permettent de retrouver progressivement une situation financière assainie et un niveau de fonds propres en ligne avec les impératifs réglementaires de Bâle III. Plus le groupe se rencentrera et plus le profil de son entité cotée CASA se rapprochera de celui du Crédit Agricole dans son ensemble, qui affiche des performances plus chatoyantes grâce au poids des caisses régionales.
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