Les liens -plus ou moins étroits- de Clinton et Trump avec Wall Street
Alors que la primaire américaine touche à sa fin et que deux candidats ont émergé dans chaque camp, la bataille financière bat à nouveau son plein pour préparer la deuxième étape de la campagne. Bernie Sanders reste certes le chouchou du grand public puisqu’il a à nouveau dépassé Hillary Clinton en termes de collectes au mois d’avril : 30 millions de dollars, contre 25 millions. Mais ce dernier est aussi obligé de dépenser davantage pour rester dans la course, et ne gardait en main que 5,8 millions de dollars à la fin du mois dernier.
De son côté, l’ex-Première Dame fait à nouveau jouer ses précieuses et généreuses relations avec Wall Street, par l’intermédiaire des super-PAC. Un de ces véhicules –Priorities USA Action - qui ne peut soutenir officiellement sa campagne mais peut la financer, a ainsi collecté 8,6 millions de dollars le mois passé et détient la confortable cagnotte de 46 millions de dollars, qui sera notamment allouée à des publicités anti-Trump. Cette enveloppe vient des plus influents patrons américains, notamment Alex Soros, (1 million de dollars), fils du milliardaire George Soros qui a déjà abondé 6 millions de dollars dans cette même entité l’an passé. Mais aussi Haim Saban, milliardaire propriétaire d’Univision qui a abondé 1,5 million de dollars, tout comme sa femme. Daniel Abraham, fondateur de Slim Fast, a apporté 1 million de dollars, tandis que David E. Shaw, patron de la société de recherche médicale DE Shaw Research, a contribué 750 000 dollars.
Au jeu des levées de fonds, Donald Trump est largement distancé puisqu’il n’a levé que 14 millions de dollars en avril. Ce dernier a déjà dépensé 43 millions de dollars de sa fortune personnelle pour financer sa campagne, mais a décidé de passer désormais par des mécènes extérieurs et a également signé un accord de levée de fonds commune avec le Parti Républicain. Si l’on s’en tient à son discours, le candidat républicain entretient les rapports les plus enviables avec Wall Street : « Je suis ami avec toutes les principales banques. Elles meurent toutes d’envie de faire affaire avec moi », a-t-il ainsi déclaré dans une récente interview.
Ce dernier a certes réalisé un beau coup en nommant Steven T. Mnuchin, ex-associé chez Goldman Sachs et patron du fonds Dune Capital Management, comme chairman financier de sa campagne. Quelques jours plus tard, une importante conférence réunissant les plus importants hedge funds a été l’occasion de confirmer le soutien de l’activiste Carl Icahn. Mais aussi Tom Barack, le patron du fonds de private equity Colony Capital, qui doit organiser une soirée de levée de fonds pour son compte ce mois-ci. Pourtant, plusieurs grandes banques ont été échaudées par leurs déboires financiers avec les sociétés de l’empire Trump et refusent de lui prêter pour ces raisons. Un document financier remis par Mr Trump au Comité Electoral Fédéral a d’ailleurs démontré qu’il n’était pas en relation avec les grandes banques américaines.
Reste que pour l’instant, Donald Trump a réussi à se maintenir au coude-à-coude avec Hillary Clinton. Selon le dernier sondage du Wall Street Journal et de NBC News, ce dernier a ramené l’écart à 3 points, soit 46% au profit de la candidate démocrate contre 43% pour lui en cas de face-à-face. Cela est lié au fait que les soutiens républicains envers le milliardaire ont bondi de 72% à 86% depuis mi-avril, malgré ses multiples provocations.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

