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Tom Enders rassure quant aux rumeurs d'une restructuration majeure du groupe
L'interview que Tom Enders a accordée au Financial Times en début de semaine a donné lieu à toutes sortes de spéculations quant à l'avenir du groupe aéronautique, contraignant le patron a rectifier le tir auprès de ses employés trois jours plus tard. Dans un entretien au journal britannique lundi, Tom Enders a, en effet, expliqué qu'il réfléchissait à un plan de réduction des coûts afin d'augmenter l'efficacité et les synergies du groupe, dans un contexte de concurrence de plus en plu forte dans le secteur. Et n'a pas écarté au passage la possibilité qu'un tel programme entraîne des suppressions de postes.
"Je suis sûr que vous avez vu passer dans les médias les spéculations au sujet d'une restructuration majeure et imminente de notre entreprise" a donc écrit hier le patron dans un courrier envoyé aux employés. "Mais quelle est la situation véritable de notre groupe", interroge-t-il. Le patron dresse ensuite un constat "objectif" des difficultés auxquelles le groupe est confronté depuis plusieurs mois : le marché des hélicoptères est en recul ainsi que la demande d'A380. "Aucun de ces deux développements ne se déroulera du jour au lendemain et les deux divisions concernées auront le temps de travailler à des réponses adaptées" rassure le patron allemand.
Le groupe a effectivement décidé en juillet dernier de réduire la production d'A380 de 12% à partir de 2018, "quitte à ré-augmenter la production une fois que le marché sera reparti", explique Tom Enders. Du point de vue de la branche hélicoptères, "des adaptations sont en train d'être passées en revue", poursuit-il. "Si l'impact sur la force de travail et les structures de coûts seront non négligeables, nous sommes tout de même très loin du plan de restructuration de 2007", explique encore Tom Enders. Louis Gallois avait à l'époque lancé un programme qui avait donné lieu à plus de 10 000 suppressions de postes en Europe, avec la fermeture de nombreux sites de production en Allemagne et en France notamment. Le président actuel signale que le groupe est juste en train de s'adapter aux changements de la demande sur les deux marchés des avions commerciaux et des hélicoptères. "Nous devrions être capables de le faire sans réduction massives des emplois".
Tom Enders cite également le projet de digitalisation des process et instruments du groupe, annoncé en juillet dernier et qui aura un impact sur les méthodes de travail du groupe et son organisation. Enfin il confirme les rumeurs d'une modification de la structure de direction, qui devrait selon lui permettre de réduire les coûts au niveau exécutif. Hier, la presse anglo-saxonne annonçait justement la nomination de Fabrice Brégier, actuel PDG d'Airbus SAS filiale du groupe, au nouveau poste de directeur des opérations pour l'ensemble du groupe (COO). Une proposition qui va dans le sens du recentrage du groupe entamé il y a deux ans par Tom Enders, visant à une plus grande concentration des pouvoirs autour de la présidence et une simplification des postes entre la filiale et la maison mère. Selon les informations de Bloomberg, Fabrice Brégier assurerait la fonction de COO de la maison mère et resterait président d'Airbus SAS tout en renonçant à la fonction de directeur général. Des propositions qui devraient être finalisées et confirmées fin octobre. Tom Enders dans son courrier précise de son côté qu'il espère parvenir à des conclusions sur tous ces sujets d'ici à quelques semaines et qu'il tiendra ses équipes informées, après concertation avec les syndicats.
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