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Les pistes pour améliorer les relations entre émetteurs et activistes

Un rapport rédigé par deux ingénieurs des Mines recadre la philosophie des investisseurs activistes, qu'ils qualifient plutôt de contre-pouvoir utile. Pour dédiaboliser ces acteurs, ils lancent 5 pistes dont celle de créer un organe susceptible de collectiviser les attentes des investisseurs institutionnels et particuliers, et d'abolir la différence entre actions au porteur et nominatives.
activistes
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Le projet de loi Pacte a mis le sujet sous les projecteurs, à voir maintenant comment il va être encadré : l’activisme actionnarial. S’il est communément mal vu par les entreprises en butte avec ces investisseurs souvent anglo-saxons, un nombre croissant de voix s’élèvent aujourd’hui pour nuancer ces a priori.

C’est notamment ce que l’on comprend à la lecture d’un rapport rédigé par Thibaud Frossard et Clément Jakymiw, à l’issue de leur cursus d’ingénieur des Mines. Ce travail a été réalisé auprès d’au moins 80 universitaires, responsables d’entreprises et investisseurs. Et d’après eux, ceux que l’on qualifie volontiers de « meutes de loups » voire de « destructeurs de valeur de long terme » sont parfois des contre-pouvoirs bien utiles. « L’activisme actionnarial introduit une discipline de marché salutaire, permettant à la fois pour les entreprises de conserver la confiance des investisseurs et de prospérer avec la meilleure gouvernance possible. Il s’appuie sur une lacune identifiée et propose une vision que les autres parties concernées doivent pouvoir accepter ou refuser », stipulent ainsi les auteurs du rapport avant d’ajouter que la France a tout à la fois besoin d’entreprises françaises responsables, à la gouvernance exemplaire, et d’investisseurs s’engageant activement dans le développement de ces dernières.

D’où leur choix d'être également force de proposition et de lancer 5 pistes de réflexion pour améliorer les relations entre activistes et émetteurs et surtout instaurer de bonnes pratiques de gouvernance sans pour autant sur-réguler un marché déjà très encadré. Parmi elles, l’idée de créer un organe permettant un dialogue et l’implication collective des investisseurs institutionnels et particuliers. De même est-il envisagé de faire disparaître la distinction entre actions au nominatif et au porteur de manière à mettre sur un même pied d’égalité tous les investisseurs, sachant notamment que les titres logés dans des fonds ne peuvent être nominatifs et ne peuvent donc profiter du principe de droits de vote double. Autre piste dévoilée par les deux ingénieurs: celle de développer l’actionnariat salarié, de manière à rendre plus efficace et audible la voix des ressources internes en cas de raid hostile. Enfin, un zoom est-il fait sur les administrateurs salariés « afin d’en faire un véritable atout de gouvernance des entreprises françaises ». Et ce, en accroissant leur nombre au sein des conseils, mais aussi en les formant suffisamment bien pour ne pas subir la voix de la direction.

Les auteurs de ce rapport sont déjà allés présenter leur travail à différentes directions de l’Administration, des autorités de place et des organisations professionnelles. Il a d’ailleurs certainement nourri la réflexion des auteurs de la loi Pacte. A voir maintenant ce qu’il en ressortira et comment vont évoluer ces relations pour l’instant frileuses et conflictuelles entre émetteurs et investisseurs activistes.

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