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Vinci obtient ses 2 milliards d'euros pour la filiale de parkings

Le groupe de concessions et construction a accordé des négociations exclusives à Ardian et Predica pour sa filiale Vinci Park, valorisée 1,96 milliard d’euros comme attendu. Les spécialistes de l’infrastructure ont été privilégiés à des fonds trop gourmands.
Vinci logo
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Vinci Park, filiale de concessions de parkings mise en vente par Vinci depuis l’été dernier, était enfin un de ces carve-out du CAC40 que les fonds de private equity rêvaient de reprendre depuis plusieurs mois. Et, sans aucun doute, ces acteurs aux poches pleines ont été nombreux à regarder le dossier, qui a pourtant échu à deux connaisseurs de l’infrastructure. Conseillé par Barclays et BNP Paribas, Vinci a ainsi annoncé être entré en négociations exclusives avec Ardian, l’ex-Axa Private Equity, et Crédit Agricole Assurances (Predica) pour que ceux-ci entrent à hauteur de 37,5% chacun au capital de la filiale de parkings, la maison-mère gardant 25%. Le prix retenu est de 1,96 milliard d’euros, soit 16 fois le résultat opérationnel 2013 et quasiment l’objectif fixé par Vinci, qui valorise l’actif à 2,2 milliards d’euros dans ses comptes.

Le schéma retenu montre la logique retenue par Vinci : tout d’abord, rester impliqué dans un actif qui, certes mature et nécessitant de nouveaux investissements, apporte un rendement satisfaisant et surtout prévisible. Par ailleurs, le groupe dirigé par Xavier Huillard a eu le choix entre d'un côté des candidatures industrielles : l’association du fonds d’infrastructure Meridiam avec CNP Assurances, et celle d’Ardian allié à Predica, ces derniers étant conseillés par Nomura et CA CIB pour ce deal. Et de l’autre côté, les pure players du private equity que sont Charterhouse, PAI Partners et KKR. Les enjeux étaient multiples : financiers bien sûr, trouver des repreneurs ayant les capacités financières pour investir et développer l’actif. Mais également sociaux, la société représentant pas moins de 12 000 emplois dont plus de la moitié en France. A ces différents égards, l’industriel semble avoir privilégié des acteurs aux capacités financières importantes, et surtout rompus aux infrastructures. Ardian est à la tête d’une importante division infrastructures, qui gère 4 milliards d’euros, tandis que Predica avait été retenu par l’Etat pour prendre près de 5% d’ADP, puis a repris 50% de la filiale de GDF Suez dans l'éolien terrestre en décembre.

Ces spécialistes de la classe d’actifs semblaient être également mieux alignés sur les attentes de rendement type. Ainsi, les investissements en infrastructures rapportent en général un TRI de 10 à 12%, alors que les fonds classiques de private equity attendent au moins 15 à 20%. Ceux-ci pourraient même avoir été tentés de faire baisser les prix, afin de maximiser leur retour, d’autant que de l’avis général, la dette coule à flots en ce moment. Dans ce deal, le montage financier ferait ressortir une dette à 5 fois l’Ebitda, soit un multiple élevé mais raisonnable compte tenu de la récurrence et de la prévisibilité des cash-flows, grâce aux contrats long terme de 30 ans conclus.

Il revient désormais à Ardian et Predica de relancer la machine à cash Vinci Park dans de nouveaux pays en Europe, aux Etats-Unis et en Amérique du Sud. Outre-Atlantique, le groupe est actionnaire à 50% de LAZ depuis 2007, mais doit encore pousser les feux sur un marché très concurrentiel. Nul doute que les capacités financières d’un groupe d’assurances et du leader européen du private equity, qui a "closé" un fonds d’infrastructure de 1,75 milliard d’euros en avril 2013, seront de grande utilité pour le déploiement international de Vinci Park.

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