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Vers une nouvelle bulle sur les technos?
Trois milliards d'euros. C'est ce qu'a mis sur la table le réseau social Facebook pour acquérir Snapchat, une application de messagerie photos qui ne laisse au destinataire que quelques secondes avant que la photo ne s'efface. Si le concept est porté par l'actualité, avec les révélations d'Edward Snowden sur les programmes de surveillance de la NSA, il semble que la valorisation de l'entreprise soit portée par une spéculation excessive. Car enfin, la base technologique de Snapchat n'est pas très complexe et prendrait à tout casser dix jours à développer pour les équipes d'un géant comme Facebook ou Google.
En clair, Facebook souhaitait acheter trois milliards... un nom, " Snapchat " qui rajeunirait l'image du réseau social, quelque peu vieillie suite au ramdam médiatique provoqué par l'introduction en bourse de Twitter. Ce dernier n'est d'ailleurs pas sans susciter de nombreuses questions. Certes, Twitter semble avoir préparé l'avenir mais l'action est, à plus de 60 dollars, largement surévaluée. La plateforme est aujourd'hui valorisée à 28 fois le chiffre d'affaires. Sans parler des résultats nets, négatifs jusqu'ici. Un simple coup d'oeil à la valorisation de son aîné permet de comprendre ce qui ne va pas. Facebook, qui dégage des bénéfices, n'est lui valorisé que 13 fois le chiffre d'affaires.
Tout ceci fait dire à Stuart O'Gorman, gérant chez Henderson Global Investors, que la situation ressemble à la fin des années 90, et notamment à la période qui précéda l'éclatement de la bulle internet la décennie dernière. Très porté sur les métaphores, Stuart O'Gorman compare même la situation à l'avant 14-18 : " Il y a actuellement beaucoup de soldats, ou plutôt d'acteurs, et tous vont s'attaquer. Et au final, comme lors de la première guerre mondiale, beaucoup vont disparaître ". C'est d'ailleurs ce que l'on observe aujourd'hui avec des Facebook et Twitter qui tentent de grignoter les revenus publicitaires de Google, tandis que Google a lancé Androïd pour ne pas laisser Apple dominer le mobile. Quant à Google et Microsoft, ils se livrent une véritable bataille dans le cloud, sur les applications bureautiques. Bref, nous risquons d'enter dans une zone de fortes turbulences. Mais, comme le rappelle Stuart O'Gorman, " les années 20 ont été euphoriques pour les survivants de la première guerre mondiale ".
A ce titre, le rallye que connaissent depuis plusieurs mois désormais les entreprises technos est quelque peu préoccupant. Google a ainsi vu sa capitalisation boursière progresser de 140 milliards de dollars en 2013, soit 5% du PIB français environ. Cela peut sembler excessif, et ça l'est, mais pas tant que les chiffres ne le laissent penser. D'une part, des marques comme Apple, Google, et IBM se placent en tête du classement des marques préférées des consommateurs dans le monde (classement Interbrand). Par ailleurs, ces entreprises innovent également et ce sont avant tout les brevets qui crédibilisent leur valorisation. En 2012, 14 entreprises ont déposé plus de 1000 brevets auprès de l'Office Européen des Brevets. Parmi ces firmes, dix opèraient dans le secteur des nouvelles technologies. Ainsi, il n'est pas insensé qu'elles surperforment les marchés.
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