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Et si la croissance américaine ne dépassait pas 1% cette année?

Alors que le PIB américain a été révisé à -0,7% au premier trimestre, Natixis a modélisé une croissance US inférieure à la zone euro en 2015. La Fed retarderait la hausse des taux, ce qui pourrait impacter fortement les marchés.
croissance mondiale
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La croissance américaine est passée, comme prévu, dans le rouge au premier trimestre puisque le Département du Commerce l’a révisé ce matin à -0,7% contre une hausse de 0,2% auparavant. Cela est lié à la réduction plus forte que prévue des exportations (-7,6% contre -7,2%) en raison du dollar fort, mais aussi de la reconstitution plus faible des stocks, à +0,33 point contre +0,74 point. Ce coup de froid était attendu par les économistes, qui projetaient jusqu’à un recul de 1%, mais il est passager. Comme l’a analysé la Fed lors de ses dernières réunions, les facteurs temporaires qui ont causé ce déclin s'estompent et la croissance pourrait retrouver un rythme modéré, tiré par la force de la consommation des ménages.

Ces données risquent néanmoins d’impacter les prévisions annuelles de PIB au pays de l’oncle Sam. Certes, le pays avait déjà connu ce cas de figure l’an passé, lorsque la croissance avait connu un coup d’arrêt au premier trimestre (-2,1%), avant de rebondir fortement. Mais les économistes ont révisé drastiquement à la baisse leurs anticipations de croissance US pour 2015, à 2,5% tandis que le FMI l’anticipe encore à 3,1%.

De leur côté, les économistes de Natixis ont tenu à explorer un cas de figure plus dramatique encore : une croissance américaine de seulement 1% cette année, inférieure à celle de la zone euro. Selon eux, cette situation serait engendrée par la prolongation de plusieurs facteurs défavorables depuis le début de l’année : le recul des perspectives d’investissement et la baisse de la production industrielle du côté des entreprises, ainsi que des pertes de marché à l’exportation en raison du dollar fort, mais aussi un affaiblissement de la consommation accompagné d’une hausse du taux d’épargne, qui aboutiraient à de moindres créations d’emplois.

Ce scénario catastrophe a une explication, selon Natixis: le pétrole. La baisse du prix du baril et son impact défavorable sur l’énergie auraient un effet multiplicateur négatif élevé aux Etats-Unis. Le plus gros producteur mondial de pétrole a beau avoir réduit fortement le nombre de puits d’exploration, son économie serait donc très dépendante des prix du pétrole. Soit une victoire pour les pays du Golfe, qui lui livrent une guerre économique acharnée.

Première conséquence directe de cas de figure : la Fed renoncerait à relever ses taux d’ici à la fin de l’année, comme elle le prévoit à l’heure actuelle. Or, comme elle n’a pas commencé cette phase et que les taux sont à zéro, elle n’aurait aucun moyen de soutenir l’économie. Cela aurait un impact négatif sur les marchés actions, perturbés par le manque de croissance et les pertes de profits. Ensuite, la zone euro serait impactée, en raison de la baisse des importations venues des Etats-Unis et de la hausse de l’euro face au dollar.

Ce cas de figure extrême aurait bien sûr aussi un effet radical sur les marchés des taux, qui baisseraient en Europe comme aux Etats-Unis, alors qu’ils sont actuellement portés par l’anticipation de cette première hausse des taux. Si bien que le bilan serait plus mitigé pour les equities européennes : favorisées face aux Etats-Unis et portées par des taux bas, elles subiraient certes ce ralentissement américain.

Il ne s’agit pas que d’un pur scénario fiction, selon Natixis. Le PIB américain est en croissance depuis 2010 et a notamment été porté par l’investissement des entreprises. Si bien qu’un recul des investissements dans l’énergie pourrait déclencher à lui seul une remontée des taux d'épargne, et saper la croissance. Si l’effet multiplicateur du choc défavorable lié aux prix de l’énergie s’avère élevé, une croissance de 1% pourrait tout à fait devenir réalité outre-Atlantique.


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