Club Med : les fonds se positionnent, Colette Neuville écrit à l'AMF
UBS vient de franchir le seuil des 5% du capital du groupe de tourisme. Plusieurs fonds sont à ces niveaux risquant de compliquer la tâche des initiateurs de l'offre. Après les récents propos de l'avocat du Club, la présidente de l'Adam demande des clarifications.
Le franchissement de seuil est symbolique mais il traduit bien la position des uns et des autres dans l'attente de la décision de justice : un communiqué de l'AMF avertit ce matin qu'UBS a franchi le seuil des 5% au capital du Club Med, détenant précisément 5,18% du capital et 4,63% des droits de vote. La banque helvétique possédait à ce jour 4,68% du capital du groupe de tourisme. Depuis le gel de l'OPA du chinois Fosun et d'AXA PE devenu Ardian sur le Club Med, dans l'attente de la décision de la Cour d'Appel de Paris sur le recours déposé par deux minoritaires, plusieurs fonds d'investissements ont acquis des titres pour en détenir un peu plus de 5%, quand d'autres font de réguliers aller-retour spéculatifs. Outre UBS, Crédit Suisse est à la tête de 5,68%, Tyrus Capital 5,42%, Norges Bank (à titre de collatéral) 5,12%, tandis que FMR est juste à la limite avec 4,98%.
Ces interlocuteurs ont, certes, encore du temps devant eux puisque selon le calendrier rendu public par la Cour d'Appel, l'audience sur le recours est prévue le 27 février 2014 alors que l'arrêt pourrait être rendu fin mars. Si la décision de l'AMF est annulée, l'offre tombe. Si elle est confirmée, la clôture de l'OPA n'interviendra pas avant le mois d'avril. Le suspens, sans être torride, demeure toutefois sur l'issue de cette opération. Elle dépend, d'abord, de la décision, de la justice. Elle est également tributaire du fameux seuil minimal de 50% des titres apportés à l'offre. Et selon les derniers pointages, sans en être vraiment loin, les deux initiateurs n'ont pas officiellement avec eux ce cap.
Les fonds montés récemment au capital vont-ils vouloir jouer les trouble-fêtes ? S'ils ne pourront très certainement pas empêcher Fosun et Ardian d'aller jusqu'au bout de leur projet, ils sont susceptibles d'avoir un pouvoir de nuisance certain, empêchant notamment l'intégration fiscale et la remontée totale des dividendes. A ce sujet, l'avocat du Club Med, Jean-Pierre Martel a dernièrement donné une interview à Investir.fr. A cette occasion, il a notamment indiqué que vu les investissements prévus à court et moyen terme et compte tenu de la conjoncture actuelle, il ne fallait pas s'attendre au versement d'un dividende avant deux à quatre ans. De même anticipe-t-il un reflux du cours de Bourse vers les 13/14 euros (pour un prix d'OPA de 17,50 euros) si l'offre venait à échouer.
Des propos qui ont d'ailleurs fait frémir Colette Neuville, à l'origine du recours. Celle-ci vient d'écrire à Gérard Rameix, le président de l'AMF. Dans ce courrier, la présidente de l'Adam s'étonne des précisions données par l'avocat, indications qu'elle ne retrouve pas dans la note d'information de l'opération et qui supposent d'autres conséquences pour les actions du groupe de tourisme. " L'incohérence et/ou les contradictions des informations disponibles est de nature à semer le trouble dans l'esprit des actionnaires et à entraver le bon fonctionnement du marché en les incitant à acheter ou à vendre des titres sur la base d'informations confuses et incohérentes ", souligne-t-elle notamment dans ce courrier. Et de demander au numéro un du régulateur français qu'il utilise tous les pouvoirs dont il dispose pour que la société " procède dans les plus brefs délais aux mises au point nécessaires de l'information destinée aux actionnaires dans les formes prévues par la réglementation ".
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