WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Sur les marchés

Macro-économie / Taux
Sur les marchés

Bill Gross fait mieux que Pimco, Ackman et Icahn en déroute cette année

Dans un contexte difficile, le gérant de Janus Capital a réussi à surperformer le fonds de son ancien employeur, en raison de son pari sur les taux US. Les deux activistes, Bill Ackman et Carl Icahn, accusent à nouveau d'importantes pertes sur leurs plus gros paris.
Bill Gross
Bill Gross

Dans un environnement particulièrement volatil et imprévisible, de nombreux gérants se sont retrouvés en porte-à-faux par rapport à leurs positions depuis le début de l’année. L’occasion de dresser une première liste préliminaire des gagnants et perdant des marchés, même si les jeux sont loin d’être joués.

Tout d’abord, sur le duel qui oppose Bill Gross et son fonds « Unconstrained bond » chez Janus Capital, qui perd 0,4% depuis janvier, ce qui le place au 17ème rang du Top 100 des hedge funds, selon Morningstar. Il fait ainsi bien mieux que le fonds équivalent de son ancien employeur Pimco, en baisse de plus de 3% cette année, car ce dernier s’était massivement positionné sur une hausse cadencée des taux d’intérêt par la Fed, qui semble de moins en moins évidente. Une déconvenue de plus pour Pimco, qui a déjà subi 54,6 milliards de dollars de décollecte sur son principal fonds, Total Return Bond, et de deux tiers sur l’ensemble de ses actifs sous gestion, l’an passé après le départ de son gérant star.

Bill Gross, qui avait été remercié de Pimco à l’automne 2014 et a depuis attaqué son ancien employeur en justice en lui réclamant plus de 200 millions de dollars de bonus et primes impayées, connaît lui aussi ses propres déboires. Le fonds principal de Janus, dont il a pris les commandes en octobre 2014, a perdu 1,3% sur cette période (ce qui le place quand même au rang 26 sur 100) et la volatilité a incité George Soros, qui avait abondé 500 millions de dollars dans le fonds, à retirer ses billes à l’automne dernier. Sur les 1,3 milliard de dollars gérés par Janus Capital, 700 millions viennent directement de la poche de Bill Gross. Maintenant qu’il s’est hissé dans le Top quartile des fonds, ce dernier compte délivrer une performance absolue, « sinon, on pourrait me demander ‘qu’est-ce que vous faites là ?’ » a-t-il confié au FT.

Outre les fonds obligataires, les hedge funds n’ont plus le vent en poupe, comme en témoigne la décision prise par l’assureur AIG de diviser quasiment par deux son allocation de 11 milliards de dollars aux hedge funds au cours des prochains trimestres, au profit des obligations investment grade et des crédits commerciaux. Et pour cause : l’indice HFR de performance des hedge funds a reculé de 4,82% depuis le début de l’année, ce qui est certes un peu mieux que la correction du S&P 500 (-8,77%). Les plus grands noms du métier ont subi de sérieuses pertes, en raison de leurs paris pour l’instant ratés sur certaines valeurs. Ainsi, Bill Ackman est le plus touché jusqu’à présent puisqu’après avoir perdu plus de 20% l’an passé, son fonds chez Pershing Square accuse un repli de 18% depuis le début de l’année. Il souffre de ses gros paris comme celui sur le laboratoire Valeant, et ne s’est pas beaucoup couvert. Même punition pour Carl Icahn, qui a misé massivement sur Cheniere Energy et Chesapeake, deux titres qui évoluent à 60% sous son prix d’achat. Le titre du véhicule coté, Icahn Enterprise, a perdu 23% cette année et plus de 50% sur un an. Après une performance négative de 2,3% sur neuf mois, il doit dévoiler ses résultats annuels ce mois-ci.

L’essentiel des prédictions des gérants, que ce soit le calendrier de hausse des taux et la hausse du dollar, l’orientation du pétrole ou encore l’évolution du yuan après la dépréciation surprise de la banque centrale chinoise, ont été déjoués. Il reste certes quelques gagnants sur les marchés, essentiellement des stratégies non longues et qui se sont couvertes sur leurs positions, comme les CTA (Commodities Future Advisers). Mais ils sont rares et à un moment où la liquidité des institutionnels, en particulier des fonds souverains qui vivent de leurs ressources pétrolières, pourrait venir à manquer, cette sous-performance des hedge funds pourrait bien leur coûter cher.


Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article