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BC Partners fait mentir les statistiques du private equity
Alors que les levées sont au plus bas et que les deals subissent la raréfaction du crédit, BC Partners a réussi à collecter 6,5 milliards d'euros pour son fonds européen. Explications de ce tour de force.
"Delighted", "enthusiastic response", "lucky timing": les managers de BC Partners ne cachaient pas leur joie ce matin en présentant la collecte de leur neuvième fonds européen, à 6,5 milliards d'euros, soit le "hard cap" que le fonds de private equity britannique s'était fixé. Il lui aura fallu un peu moins de 18 mois pour boucler cet appel aux investisseurs, une durée désormais courante mais qui n'est parfois plus suffisante pour obtenir des promesses de dons des Limited Partners. Son confrère Duke Street en a fait l'expérience, qui a décidé de s'abstenir de lever un véhicule de 850 millions d'euros pour réquisitionner des liquidités au cas par cas, pour la conclusion de chaque deal.
Pour obtenir un tel satisfecit, le fonds emmené en France par André François-Poncet et Jean-Baptiste Wautier a multiplié les atouts. Tout d'abord, un track record exemplaire. L'investisseur a été un des seuls à réussir à sortir trois participations européennes en Bourse après l'éclatement de la crise grecque, alors que nombre d'IPO étaient reportées: le français Medica en février 2010, puis l'allemand Brenntag en mars et Amadeus à Madrid en avril. Mieux, BC Partners est resté actif au coeur de la tourmente : il a remporté les enchères sur le leader italien de la distribution de vêtements, Gruppo Coin, en mai dernier, puis a repris la success story Spotless Group (ex-Eau Ecarlate) à Axa PE dans la foulée, en juin.
Cette dynamique a permis la fameuse "circulation" du capital qui est crucial en temps de crise aux yeux des mécènes. Casser le cercle vicieux qui consiste, en période de contraction de l'activité, à reporter les cessions et par là-même les redistributions.
Deuxième leçon de ce roadshow réussi: adapter ses ambitions. BC Partners n'a pas renoncé à lever autant d'argent que par le passé, mais a su séduire les LPs. Déjà en offrant une réduction de 5% aux investisseurs du premier closing sur le montant de leurs engagements. Ensuite en adaptant sa structure de fees à un modèle européen, c'est-à-dire ne toucher le fameux "carried interest" qu'en fin de vie du fonds et en fonction de la plus-value globale et non au cas par cas, après chaque cession. Enfin, le fonds a renoncé aux "transaction fees", ces indemnités perçues à chaque fois qu'un gérant boucle un dossier d'investissement, car c'est finalement le travail auquel il s'engage auprès de ses investisseurs. Et pour lequel il est rémunéré via des "management fees", soit près de 2% annuels sur les encours gérés.
Dernière stratégie de BC Partners: aller chercher l'argent là où il est. Devant l'appréhension des LPs américains à s'exposer à un Vieux Continent entrant en récession, le fonds est allé solliciter les argentiers en Asie et au Moyen-Orient, deux régions qui pèsent désormais autant que l'Europe (30%). Les investisseurs traditionnels type banques et assurances ayant à faire face à d'importantes contraintes réglementaires, il n'a pas hésité à solliciter davantage les fonds de pension, fonds souverains et fonds de fonds, qui représentent désormais les trois quarts de sa base d'investisseurs. puisque chaque part du gâteau est plus petite que par le passé, BC Partners a ainsi agrandi de 60% le nombre de ses LPs, afin de collecter 14% de plus qu'en 2006. Un modèle de pragmatisme qui devrait être source d'inspiration pour ses pairs européens en quête d'argent frais: Apax, Permira ou encore Cinven.
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