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Va-t-on mourir sur un tas d'or ?

Les Etats-Unis vont devenir autosuffisants dès 2017, notamment grâce au gaz de schiste, selon l'AIE. La France, elle, joue le principe de précaution, et ne veut pas entendre parler de recherche.
A l'heure où la précarité énergétique touche 3,8 millions de ménages en France et que la facture énergétique de 62,7 milliards d'euros représente 90% du déficit commercial de l'Hexagone, le gouvernement se refuse toujours à reprendre les recherches sur le gaz de schiste. Cette mise au point, qui a été faite à l'occasion de la publication du rapport Gallois la semaine dernière, donne l'impression d'une France qui est, une fois de plus, en train de rater le coche. Dans son rapport annuel, l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) vient d'annoncer que les Etats-Unis pourraient devenir autosuffisants en pétrole et en gaz d'ici à 2017, et même exportateurs nets de brut dès 2030. "Un renversement spectaculaire" qui confère au géant une indépendance énergétique, c'est-à-dire économique et géopolitique. "Le récent rebond de la production gazière et pétrolière des Etats-Unis, tirée par des technologies innovantes qui permettent de débloquer les ressources de pétrole et gaz de schiste, stimule l'activité économique, avec des prix du gaz et de l'électricité inférieurs (...)", rapporte l'AIE. Aujourd'hui, le prix du gaz aux Etats-Unis, ramené en équivalent pétrole, s'établit à 23 dollars, contre 100 dollars en 2006, selon une tribune publiée dans Le Figaro par Philippe Chalmin, professeur à Paris-Dauphine. C'est-à-dire que nos voisins d'outre-Altantique paient trois fois moins cher le gaz qu'ils importent que les européens. Et le gain pour le pays de s'arrête pas là. En 2010, le développement du gaz de schiste a permis de créer 600 000 emplois directs et indirects, selon IHS Global Insight. Un calcul proche de celui fait par Louis Gallois. Ce dernier estime dans son rapport que le gaz est deux fois et demi moins cher aux Etats-Unis que sur le Vieux Continent. Il préconise ainsi de rouvrir le débat sur l'exploitation du gaz de schiste en France, qui permettrait à l'instar de l'Amérique de soutenir "l'amorce de réindustrialisation" et de réduire "la pression sur sa balance commerciale". Pour rappel, l'Hexagone dormirait sur un siècle de consommation de cette énergie, d'après la US Energy Information Administration. Mais, et bien que des voix discordantes se soient élevées à gauche (Arnaud Montebourg, Alain Vidalies), François Hollande ne veut rien entendre. D'abord par principe de précaution. "Dans l'état actuel de nos connaissances, personne ne peut affirmer que l'exploitation des gaz et huiles de schiste par fracturation hydraulique, seule technique aujourd'hui connue, est exempte de risques lourds pour la santé et l'environnement", a-t-il expliqué en septembre lors de la conférence environnementale. Ensuite pour des questions politiques, alliance avec les Verts oblige. Car oui, la seule technologie permettant d'extraire ce fameux gaz du sous-sol est controversée. Ce qui devrait, au contraire, pousser le gouvernement à lancer de nouvelles recherches pour trouver d'autres techniques. Selon Fatih Birol, économiste en chef de l'AEI, il serait possible d'exploiter ce gaz "proprement", mais à condition d'y mettre les moyens. Comme l'a bien résumé Michel Rocard dans un entretien accordé samedi au Monde, la France "serait au gaz de schiste ce que le Qatar est au pétrole. Peut-on s'en priver ? Je ne le crois pas". Si l'on s'en tient aux chiffres, la production de gaz non conventionnels permettrait à l'Hexagone d'économiser près de 7 milliards d'euros d'ici à 2030, d'après les estimations du cabinet de conseil Sia Partners. A titre de comparaison, la facture gazière du pays s'est élevée en 2011 à 11,5 milliards d'euros...
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