La banque verte reverdit
Les résultats opérationnels s'améliorent, alors que la restructuration financière progresse vite et que le poids relatif de la Grèce s'amenuise.
Après l'orage, on peut espérer un rayon de soleil. C'est un peu le cas pour le Crédit Agricole, qui avait terminé l'année 2011 avec des pertes abyssales et qui renoue avec des profits confortables au premier trimestre 2012.
Si la crise laisse encore des traces, elles sont mieux absorbées. Et surtout, le nettoyage accéléré diminue sensiblement le poids des éléments négatifs. A mi-parcours du plan de redressement lancé l'an dernier, la banque verte atteint ainsi déjà 70% de son objectif de réduction du besoin de liquidité et 91% de son objectif de baisse des emplois pondérés.
Par ailleurs, si la Grèce continue à peser fortement, avec un coût de 940 millions d'euros dans les comptes du premier trimestre, son poids dans l'ensemble du groupe devient de plus en plus limité. L'investissement de CASA dans Emporiki se limite désormais à 600 millions d'euros en capital et 4,5 milliards d'euros en prêts (contre 10 milliards il y a un an). Un chiffre qui représente à peine plus de 7% des 70 milliards de capitaux propres de la banque verte. Et les 19 milliards d'euros de prêts d'Emporiki à l'économie grecque représentent moins de 2,5% du total des engagements du groupe.
Si cet investissement très malheureux continue à peser sur l'image du Crédit Agricole, d'autant que la situation grecque est à nouveau insaisissable, son poids relatif est peut-être exagéré par les investisseurs, qui infligent au groupe dirigé par Jean-Paul Chifflet une décote par rapport aux autres banques françaises sans doute supérieure au poids réel du boulet Emporiki.
Surtout que le reste de l'activité de CASA se porte plutôt bien. L'entité cotée a ainsi réalisé son meilleur trimestre depuis deux ans dans la banque de financement et d'investissement. Les bénéfices de la gestion d'actifs d'Amundi sont en hausse de 24%. Et la banque de détail en France (Caisses régionales et LCL) progresse aussi. Seul point noir international en dehors de la Grèce: le crédit à la consommation en Italie, qui a coûté 280 millions ce trimestre. Mais le réseau CariParma continue à bien se porter.
Globalement, la banque verte va donc mieux, avec des ratios de fonds propres supérieurs aux exigences réglementaires, et peut regarder l'avenir avec sérénité.
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17/09/2021 - 10:31

