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Suez entame sa nouvelle vie avec GE Water

Le spécialiste de la gestion de l’eau et des déchets a signé un trimestre en ligne avec ses prévisions et achevé le rachat de GE Water pour 3,2 milliards d’euros. L’enjeu est de développer ces activités à plus forts cash flows, qui permettront de ramener le niveau de dette du groupe.
Jean-Louis Chaussade
Jean-Louis Chaussade

 Nouveau trimestre, nouvelle vie pour Suez, qui a finalisé la plus grosse acquisition de son histoire, celle de GE Water pour 3,2 milliards d’euros, à fin septembre. Les résultats du troisième trimestre qu’il publie ce vendredi sont les derniers avant l’intégration de cette nouvelle activité, et sont cohérents avec les prévisions initiales du groupe. « Le troisième trimestre est en ligne avec nos objectifs, il fait surtout ressortir une hausse du chiffre d’affaires de la division recyclage et valorisation en Europe », déclare Jean-Louis Chaussade, directeur général du spécialiste de gestion de l’eau et des déchets.

Suez a ainsi dégagé un chiffre d’affaires de 11,3 milliards d’euros, en croissance organique de 1,3% sur le troisième trimestre. Malgré l’absence d’inflation, l’activité d’Eau en Europe reste légèrement dans le vert, avec une croissance organique de 0,2%, mais ce sont surtout les déchets qui ont bien performé, en hausse organique de 2,9% sur le trimestre. Cela est surtout lié à une hausse des prix sur le marché secondaire des métaux ferreux (+42%) et du papier (+15%), et non des volumes, qui restent assez poussifs (+0,4%).

A l’international, Suez est confronté à la cyclicalité de ses activités : alors que le premier semestre avait été un peu en-deçà des attentes en raison de la fin de contrats, Suez a vu sa division internationale progresser de 4,3% au troisième trimestre, et 1,4% en organique. C’est l’Amérique du Nord qui a cette fois affiché une performance décevante, avec une baisse organique de 6,3% en raison notamment d’une météo décevante dans l'Est américain et d’un comparable défavorable, avec de très fortes chaleurs qui ont tiré les volumes l’an passé.

Après ce trimestre, Suez confirme ses objectifs annuels établis pré-GE Water : une légère croissance du chiffre d’affaires et de l’Ebit, un cash flow libre d’environ 1 milliard d’euros et un dividende qui sera au moins égal à 65 cents par action au titre de l’exercice en cours. Quant à la position de dette nette, qui atteint 3,4 fois l’Ebitda post-intégration de GE Water, le groupe compte la ramener à 3,2 fois en fin d’année, dès que les opérations de la cible seront comptabilisées dans ses comptes, puis à 3 fois à moyen terme.

Le groupe a d’ailleurs créé une nouvelle business unit, Water Technologies and Solutions, qui sera dirigée par l’ancien PDG de GE Water. « Au sein de Water Technologies & Solutions, les activités d’ex-GE Water, couplées avec celle de Suez Industrial Solutions, représenteront désormais environ 2,6 milliards de dollars de revenus en année pleine », fait valoir Jean-Louis Chaussade, qui explique compter beaucoup sur l’intégration de GE Water, qui convertit 75% de son Ebitda en cash flows, conte 50% chez Suez. « Suez veut rester fort sur ses activités traditionnelles de métiers régulés, et les équilibrer avec des activités plus technologiques comme celles de GE Water, et bénéficier de plateformes digitales puissantes », annonce-t-il. Les objectifs sont ambitieux : 65 millions d’euros de synergies de coûts annuels d’ici à cinq ans et 200 millions d’euros de revenus additionnels, dont 80% après trois ans. Suez est à pied d’œuvre pour délivrer et contenter ses actionnaires, qui ont déjà fait grimper le cours de plus de 10% depuis cette annonce.


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