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Solocal : l'administrateur très confiant sur l'accord des créanciers
Solocal (l’ex Pages Jaunes) finira-t-elle par se débarrasser de sa très encombrante situation d’endettement ? Le groupe se bat depuis de longues années avec un lourd endettement hérité du LBO trop « leveragé » monté en 2006 avec KKR et Goldman Sachs. Depuis, la dette a largement tourné et se retrouve en première ligne, Cerberus et de nombreux créanciers aux abois. Malgré les différentes opérations de restructuration, l’endettement net de l’entreprise d’annuaires s’élève encore à 1,6 milliard d’euros. Le 13 février dernier, après plusieurs mois d’incertitude, la direction du groupe s’est enfin décidée à annoncer une augmentation de capital de 440 millions d’euros. Mais celle-ci est subordonnée à l’obtention d’une série de conditions. Au premier rang de celles-ci: l’adhésion de 90% des prêteurs de plusieurs lignes, afin de proroger des dettes bancaires venant à échéance en septembre 2015 jusqu’en mars 2018 avec faculté d’extension supplémentaire à 2020.
Et c’est là où Solocal doit encore convaincre avant d’obtenir gain de cause. Pour ce faire, le Tribunal de commerce de Nanterre vient de nommer un conciliateur pour aider la société dans son dialogue avec ses créanciers. Et la personne choisie connaît en effet bien ces sujets puisqu’il s’agit de maître Frédéric Abitbol, qui s’est occupé de la restructuration de la dette de Belvédère et surtout de trouver un terrain d’entente entre de très nombreux créanciers et une direction qui ne voulait pas reconnaître qu’elle était endettée…Tractations qui ont fini par aboutir favorablement, à l’issue de très âpres négociations.
Dans le cas de Solocal, maître Abitbol se montre assez serein, comme il l’a confié à WanSquare. Une majorité de créanciers a déjà donné son aval pour proroger la dette et l’on n’est pas loin actuellement du seuil des deux tiers, normalement déclencheur de la procédure de sauvegarde accélérée. Rappelons que cette procédure ne concerne que les créanciers bancaires et n’interfère absolument pas sur le business de l’entreprise. L’administrateur est très confiant sur l’obtention prochaine du fameux seuil de 90%. Il faut dire que contrairement au dossier Belvédère, Solocal est rentable, a en ligne de mire cette enveloppe de 440 millions d’euros à sa disposition et verrait ainsi son endettement se réduire d’un tiers. Soit des perspectives plutôt rassurantes pour les banquiers créancières.
Scénario qu’échafaudent aussi nombre d’investisseurs ce matin, l’action Solocal figurant en tête des plus fortes hausses. Réaction de court terme ? Certains analystes ne cachent pas leur circonspection malgré les mesures annoncées par l'éditeur d'annuaires. Kepler Cheuvreux réitère par exemple ce matin sa recommandation « alléger » sur le titre et son objectif de cours de 1 euro (il cote 1,52 euro actuellement), soulignant que "le refinancement est nécessaire mais pas suffisant pour assurer le redressement du groupe. A ce stade, les difficultés à court terme laissent présager d'autres incertitudes à l'avenir ».
L’agence de notation Moody’s a annoncé le 17 février qu’elle envisageait d’abaisser la note «Caa1» de Solocal, placée sous surveillance négative après l’annonce du plan de refinancement et de résultats en baisse. Le bénéfice net a chuté de 27,6% en 2013 à 114,8 millions d’euros, avec un chiffre d’affaires en recul de 6,3% à 998,9 millions. Le groupe a néanmoins confirmé ses perspectives pour 2014 : une baisse de 3% à 6% de l’activité, et un résultat brut d’exploitation situé entre 355 et 375 millions d'euros.
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