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Nouveau dérapage budgétaire en vue
Edouard Philippe a du pain sur la planche. Alors qu'il va devoir recomposer un gouvernement en urgence, après le départ successif de quatre ministres (Richard Ferrand, qui dirigera le groupe parlementaire LREM, Sylvie Goulard, Marielle de Sarnez et François Bayrou, qui ont démissionné sans doute en raison de l'affaire des emplois fictifs du Modem au Parlement européen), il devra ensuite rapidement trouver des économies supplémentaires pour rentrer dans les clous budgétaires. Car le premier ministre l'a affirmé, l'objectif de déficit de 2,8% du PIB prévu par l'ancien gouvernement, ne sera pas atteint.
Après avoir déclaré la semaine dernière que le dérapage budgétaire, était "probable" et qu'il pensait même que c'était "un risque extrêmement fort", il a de nouveau enfoncé le clou hier lors d'une interview sur BFM. A la question du journaliste qui lui demandait si le déficit de 2,8% du PIB serait atteint, le chef du gouvernement a répondu : ""Je ne sais pas. J'étais déjà dubitatif au moment où ça a été annoncé. Je le suis encore un peu plus, parce qu'à la place qui est la mienne, je vois arriver toute une série d'informations qui me laissent à penser que le 2,8% ne va pas être tenu". Plutôt que de s'accrocher à un objectif a priori impossible à atteindre, et de changer de cap à la dernière minute, une habitude fréquente du précédent gouvernement, le nouveau premier ministre a donc préféré jouer la carte de la transparence. Et communiquer dès à présent sur le risque budgétaire. Une façon d'avertir Bruxelles en amont, et de mieux souligner par la suite les efforts entrepris pour tenter de rétablir la barre.
Le premier ministre a effectivement commandé un rapport de la Cour des comptes, qui sera dévoilé le 4 juillet prochain, pour faire le point sur la situation budgétaire du pays et prendre les mesures appropriées en fonction du verdict des sages de la rue Cambon. En février dernier déjà, la Cour des comptes avait jugé que le déficit pour cette année serait "très difficile à atteindre", soulignant que le précédent gouvernement avait surestimé les recettes et sous estimé les dépenses. Or, depuis lors, aucune économie supplémentaire n'a été annoncée : le président Emmanuel Macron a même affirmé début mai, au lendemain du verdict de la Commission européenne sur le budget français, qu'il ne comptait pas modifier la loi de finance 2017 et que les 60 milliards d'économies prévues sur le quinquennat suffisaient à ramener le déficit largement sous les 3%. Mais sur ces 60 milliards d'économie, 25 milliard n'ont pas encore été détaillés (les 35 autres milliards proviendront de coupes dans les assurance chômage, maladie et de réduction dans les dépenses de collectivités locales). "Le projet budgétaire d’Emmanuel Macron est de réduire la taille de l’Etat en réduisant davantage les dépenses publiques", explique ainsi Geoffrey Minne, analyste chez ING. Le but est selon lui, de "rendre les dépenses publiques plus efficientes et d'avoir des marchés publics qui fonctionneraient mieux". Mais, conclut l'analyste, cela "reste à l’heure actuelle peu précis".
Le premier ministre n'a pas dévoilé hier lors de son interview comment il comptait ajuster les finances de l'Etat si l'audit des sages était défavorable. Tout en affirmant que de nouvelles hausses d'impôts n'étaient a priori pas la voie envisagée... Il devra néanmoins rapidement détailler des mesures d'économies supplémentaires passé le 4 juillet, si la Cour des comptes confirme que le pays risque de manquer le but. Car la Commission européenne n'accordera cette fois-ci pas de nouveau report à la France, qui est avec l'Espagne, le dernier pays encore sous procédure de déficit excessif...
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