Macro-économie / Taux / Macro-économie
Macro-économie / Taux
Macro-économie
Macron ne doit pas perdre la confiance des ménages
Tout va bien sur le front économique français pour le moment, comme en témoigne une fois encore la publication d'un indicateur PMI manufacturier de bonne facture ce matin. L'indice s'est ainsi établi à 55,9, continuant de signaler une forte amélioration de la conjoncture au mois de février, même s'il est en repli par rapport à janvier où il avait atteint 58,4. Une croissance du secteur qui repose sur une forte augmentation du volume global de nouvelles commandes, entraînant une nette progression de la production, selon IHS Markit. "La confiance des fabricants français atteignant un niveau record, la croissance à court terme du secteur demeure bien orientée", explique ainsi Alex Gill, économiste chez IHS Markit.
Des chiffres rassurants donc, et qui devraient conforter le Président français dans son entreprise de réforme rapide de l'Hexagone, afin de profiter de l'opportunité de la reprise économique. Hier encore, l'INSEE a annoncé que le PIB avait progressé de 2% l'an dernier, contre une première estimation de 1,9%, principalement soutenu par la demande intérieure et le commerce extérieur. Pourtant, un indicateur pourrait venir entraver la poursuite des projets de rénovation du pays : la baisse de la confiance des ménages, qui a ainsi accusé un recul marqué en février, de -4 points et retrouvé sa situation de long terme, à 100. Une baisse, qui résulte de la dégradation du jugement des Français concernant leur situation financière personnelle et leur niveau de vie, au regard de l'évolution passée comme future. "Cette perte de confiance porte possiblement la trace des mesures fiscales du budget 2018 déjà effectives et d'une plus grande sensibilité aux hausses d'impôts (CSG, fiscalité sur les carburants) qu'aux baisses (cotisations chômage et maladie)", explique ainsi Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas.
Un recul de la confiance qui coïncide avec une baisse de la popularité d'Emmanuel Macron et de son Premier ministre, qui ont vu leur cote respectivement diminuer de 6 et 7 points en un mois en février, pour atteindre leur plus bas niveau depuis leur entrée en fonction en mai 2017, selon un sondage Odoxa publié mardi. "La situation pourrait être un peu plus dure que prévu pour Emmanuel Macron, confronté à une certaine lassitude des Français face au train de réformes", estime ainsi Julien Manceaux, analyste chez ING. Or la confiance des consommateurs est l'un des principaux piliers de la reprise française actuelle, poursuit l'analyste, qui souligne que la consommation a justement ralenti ces derniers mois, passant de 0,6% à 0,2% entre le troisième et quatrième trimestre de l'an dernier.
Selon Hélène Baudchon cependant, la confiance des ménages devrait reprendre le chemin de la hausse : "L’amélioration du marché du travail va en ce sens, et plus de baisses d’impôts (taxe d’habitation, ISF, etc.) que de hausses (tabac) restent à venir", explique l'économiste. La poursuite des réformes est d'autant plus nécessaire qu'il n'y a aucune élection prévue cette année, tandis que l'opposition politique et les syndicats sont divisés, laissant le champ libre au gouvernement, estime pour sa part Julien Manceaux.
Selon lui, le Président devrait pouvoir compter sur une poursuite de l'embellie économique (ING anticipe 2,2% de croissance pour 2018) cette année. Mais Emmanuel Macron devra s'assurer que la confiance des ménages se reprend, afin de continuer à réformer le pays sereinement : "En 2017, la volonté de réformer le pays d'Emmanuel Macron a entraîné un vent d'optimisme parmi les ménages et les entreprises. Pour que ce cercle vertueux se poursuive, Emmanuel Macron devra s'assurer qu'aucun sentiment de lassitude à l'égard de son action politique ne s'installe, ce qui déprimerait le niveau de confiance des Français et par là-même la croissance", conclut l"analyste.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

