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La part du travail dans la valeur ajoutée baisse-t-elle vraiment ?
Le partage de la valeur ajoutée entre les travailleurs et les détenteurs de capital occupe une place importante dans les débats économiques anciens, comme récents. C’est une problématique qui vient s’insérer au côté de celle de la progression importante des inégalités dans un certain nombre de pays.
Le consensus que l’on peut identifier au sein de la littérature économique fait le constat d’une baisse de la part du travail dans la valeur ajoutée depuis les années quatre-vingt dans les pays de l’OCDE, sauf au Royaume-Uni où elle augmente et en France où elle est quasi stable. Le Japon et l'Espagne connaissent les plus fortes baisses de la part du travail dans la valeur ajoutée depuis le milieu des années 1990.
Les causes le plus souvent évoquées sont les effets du progrès technologique qui fait baisser le coût de l'investissement dans les machines relativement aux prix à la consommation, incitant les entreprises à substituer du capital au travail et accumuler ainsi plus de capital productif. En théorie, la constitution de monopoles est également un facteur important, puisqu'il implique une hausse du taux de marge pressant à la baisse la part du travail.
Selon la Banque France, l'idée est de corriger de certains biais la dynamique de la part du travail dans la valeur ajoutée, l'un des biais étant l'analyse de la dynamique de cette dernière sur des périodes insuffisamment longues. De ce fait l’on conclut fallacieusement à une baisse, alors qu’elle ne fait que converger vers son niveau de long terme. La prise en compte du secteur de l’immobilier est un autre biais qui influe à la baisse sur la part du travail dans la valeur ajoutée, alors qu’il n’a rien à voir avec les lames de fond à l’origine de la dynamique de la valeur ajoutée (pouvoir de marché, progrès technologique, commerce international). Les revenus du capital issus de ce secteur sont guidées par d'autres variables, qui nuisent à la valorisation réelle de la part du travail dans ce secteur.
Une fois corrigée de ces biais, la part du travail dans la valeur ajoutée affiche une stabilité dans la plupart des huit plus importantes économies d’Europe, avec une légère baisse pour les Pays-Bas et la Belgique. On observe néanmoins une hausse pour la zone euro considérée dans son ensemble. Pour les États-Unis, c’est en revanche une autre histoire avec une baisse depuis le début des années 2000 en raison, entre autres, de la hausse des profits et du pouvoir de marché des entreprises.
Cette étude s’inscrit dans la lignée de certains travaux récents et remet en cause le consensus qui émergeait ces dernières années concluant à une baisse de la part du travail dans la valeur ajoutée. Après tout, le consensus parlait de hausse de la part du travail dans la valeur ajoutée dans les années soixante-dix que l’on a vu réfutée ensuite. À cet égard, il est complexe de distinguer ce qui relève des facteurs structurels et des facteurs conjoncturels.
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