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Indicateurs macros / Intelligence artificielle / Banque de France / IA / productivité

Indicateurs macros
Intelligence artificielle / Banque de France / IA / productivité

Les entreprises françaises friandes d’intelligence artificielle / Les gains de productivité ne sont pas encore au rendez-vous

Une adoption massive qui ne devrait pas s’arrêter là. C’est peu dire que les firmes tricolores ont fait le choix de rapidement se tourner vers l’intelligence artificielle (IA). Au début de l’année, celles de plus de 20 salariés étaient plus de deux tiers à en faire usage. Certaines tirent mieux leur épingle du jeu que d’autres ; néanmoins, l’immense majorité ne voit pas encore son modèle économique être bouleversé.
IA. Photo par MARTIN LELIEVRE / AFP
IA. Photo par MARTIN LELIEVRE / AFP

Un arbre qui cache une forêt pour le moins hétérogène. Le déploiement rapide de l’intelligence artificielle (IA) dans l’économie française ne semble devoir porter ses fruits que dans le temps long. C’est le constat formulé par Véronique Genre et Léo Parpais, deux membres du Service des enquêtes économiques de conjoncture de la Banque de France qui ont essayé de démêler le vrai du faux sur l’utilisation de l’IA par les entreprises tricolores.

Dans une étude, ils martèlent notamment qu’il y a des usages bien différents parmi les deux tiers à avoir adopté l’IA, bien que l’essentiel utilise les applications dites « généralistes » de celle-ci - principalement dans des fonctions support ou transversales -, d’autres ne s'en contentent pas. Il s’agit essentiellement des acteurs issus des secteurs les plus intensifs en connaissances, lesquels « se distinguent toutefois par des usages plus spécialisés et une intégration plus poussée de l’IA dans leurs processus de production et d’innovation. » L’ensemble des répondants à l’enquête réalisée par la Banque de France sont néanmoins conscients que les changements les plus profonds sont à venir.

 

Attente

 

Les trois prochaines années sont attendues comme celles à la fois d’un essor « des gains de productivité plus importants et d’un effet modérément négatif sur l’emploi. » Des anticipations qui s’accompagnent d’une poursuite des investissements liés à l’IA. Les deux auteurs considèrent que c’est le symptôme d’un enjeu économique qui « réside désormais moins dans l’adoption de l’IA que dans sa capacité à transformer durablement l’organisation et la performance des entreprises. » De quoi laisser penser que les 14 % des répondants déclarant utiliser l’IA en premier lieu dans leurs activités de production vont devenir plus nombreux au fur et à mesure des mois.

Reste à savoir de quel réservoir d’adoption les secteurs de service disposent, eux qui en font les usages les plus intensifs. Avec en figure de proue l’information-communication et les activités spécialisées, scientifiques et techniques qui « se distinguent nettement : respectivement 33 % et 17 % d’entreprises y déclarent un usage intensif de l’IA générative. Ces secteurs présentent également les taux d’adoption les plus élevés de l’IA générative (91 % et 84 %) comme de l’IA non générative (67 % et 53 %). » Un rythme d’adoption qui s’accompagne d’hypothèses sur la réalité de l’équation économique liée à l’IA.

 

Brouillard

 

Pour l’heure, il leur est difficile de voir ce qui l’emporterait entre deux hypothèses. La première concerne les dépenses nécessaires à l’adoption et à l’intégration de l’IA dans les processus de production qui annulent dans un premier temps les réductions de coût avant d’être de plus en plus rentables au fil du temps. La question des réorganisations engendrées et du temps nécessaire à ce qu’elles soient absorbées est également cruciale.

Impossible néanmoins pour eux d’écarter la possibilité que les gains de productivité associés à l’IA se traduisent « davantage par une amélioration de la qualité des biens et services produits que par une réduction des coûts de production. » Ce qui ne serait pas sans poser des problèmes du point de vue des statistiques , puisque celles-ci ont du mal à capter les gains de qualité à travers les indicateurs de production et de prix. De quoi compliquer la mesure de la contribution à la croissance d’un gain de qualité.

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