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L'honneur du FSI

Certains peuvent reprocher au FSI son manque "d'audace". Mais sûrement pas de refuser de jouer au Monopoly avec l'argent du contribuable.
Depuis que le Président de la République a fait un discours aux accents quelquefois sévères, à l'occasion du troisième anniversaire du Fonds Stratégique d'Investissement, il court dans Paris une rumeur aussi nauséabonde qu'insistante. L'Elysée aurait exigé le départ du directeur général du FSI, arrivé il y a moins de dix-huit mois en remplacement de Gilles Michel, parti diriger Imerys. Soyons objectifs : le ciel n'est pas serein pour le FSI depuis quelques mois. Un certain nombre d'officines s'activent auprès des pouvoirs publics pour dénigrer - chiffres à l'appui - l'activité du fonds. Le départ de Christine Lagarde, soutien inconditionnel du FSI, pour Washington a permis à tous ceux qui voulaient saboter la filiale de la Caisse des Dépôts de s'en donner à coeur joie. Et comme si tout cela ne suffisait pas, la phrase de Nicolas Sarkozy prononcée le 17 novembre dernier, appelant le FSI "à faire preuve de plus d'audace", a naturellement relancé les spéculations, mais aussi les complots. Car la principale affaire qui focalise l'attention des pouvoirs publics depuis quelques semaines, et qui vaut certaines inimitiés à Jean-Yves Gilet du côté des pouvoirs publics, concerne le dossier Séché-Saur. Le FSI détient à la fois 20 % du capital de Séché Environnement et 38 % de la SAUR (ex-filiale de Bouygues), dont Séché est aussi actionnaire, à hauteur d'un tiers du capital. Ce n'est un mystère pour personne que Joël Séché se démène, depuis des mois, pour essayer de racheter au FSI sa participation dans la SAUR et constituer un groupe intégré. Mais d'une part, il n'a pas l'argent pour faire l'opération et tend donc la sébile au FSI. Ce qui est de bonne guerre. De surcroît, la valorisation des titres SAUR qu'il propose ne serait pas très satisfaisante pour le Fonds Stratégique d'Investissement, détenu in fine par le contribuable. En somme, il demande au FSI de payer deux fois, à l'achat et à la vente! Comme l'a dit Nicolas Sarkozy le 17 novembre dernier : "nous n'avons pas besoin d'un hedge fund de plus - il y en a assez - avec des exigences de rentabilité et de dividendes délirants!", avant d'ajouter : "le FSI doit contribuer à structurer notre tissu industriel, à renforcer nos filières d'excellence et à faire émerger les champions dans les filières porteuses d'avenir". Ce n'est pas tout à fait démontré sur le plan industriel, et encore moins sur le plan financier qu'un ensemble Séché-Saur a tout d'un futur champion. Ce qui est certain, en revanche, c'est que jusqu'ici le FSI, avec son directeur général, sa gouvernance ad hoc et notamment son comité d'investissement présidé par Patricia Barbizet, ont toujours respecté à la lettre, et dans l'esprit, le mot d'ordre du FSI. Mot d'ordre que le Président de la République a encore rappelé il y a deux semaines : "être un investisseur avisé, et être un investisseur au service de l'intérêt général."
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