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L'indépendance de la Fed saine et sauve
La présidente de la Fed Janet Yellen peut souffler : le projet de loi « Federal Reserve transparency Act », contre lequel elle n’a cessé d’élever la voix depuis qu’il est en préparation, a finalement été rejeté par les sénateurs hier. Ce texte, défendu par le représentant républicain du Kentucky Rand Paul, visait notamment à soumettre toutes les délibérations des gouverneurs ainsi que les opérations d’achats de titres de la Fed sur les marchés (Open Market Operations) à la consultation du Congrès.
Rand Paul, -qui avait récemment trouvé un allié auprès du démocrate Bernie Sanders- était très remonté contre la politique monétaire de la Fed, estimant qu'un retour à l'étalon-or était un moyen plus efficace de garantir la stabilité de la devise américaine ! Ce projet, présenté comme un outil pour accroître la transparence de la politique de la Fed, était dénoncé par la majorité des démocrates et le président Barack Obama lui-même, qui envisageait même d’y opposer son veto si le texte passait. Il aura finalement manqué sept voix aux républicains pour atteindre les 60 votes nécessaires pour faire passer le projet.
Les détracteurs du texte ont notamment souligné que la Fed est déjà soumise à des audits de la part de Deloitte, tandis que le Government Accountability Office (GAO), organe du gouvernement, a depuis le passage du Dodd Franck Act la possibilité d’effectuer une revue des pratiques de la Fed. Ce qu’il ne s’est pas privé de faire, effectuant plus de 60 revues des opérations de la banque centrale, et notamment de son programme de prêts d’urgence. Pour l’ancien président de la Fed Ben Bernanke, le projet de loi, loin de constituer une amélioration des pratiques d’audit de la banque centrale, représentait une réelle menace pour l’indépendance de l’institution. Selon lui, le texte aurait augmenté le risque pour les gouverneurs d’être sans cesse soumis à l’influence des représentants. "Si le Congrès a la responsabilité d'assurer que la politique monétaire soit conduite de façon raisonnable et dans l'intérêt du pays, il n'est pas celui qui doit prendre les décisions monétaires, en raison de leur aspect technique et de leur timing délicat", a expliqué l'ancien président dans un billet publié sur le site du think-tank Brookings Institute. Il doit donc se féliciter du rejet du texte par le Sénat hier soir !Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

