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Vers un soft landing chinois en 2012 ?

La Chine continuera à cavaler en tête de la croissance mondiale en 2012, mais la chute de la demande extérieure devrait affecter sa croissance. Les problèmes de financement des PME seront le défi intérieur.
2012 pourrait représenter un nouveau tournant pour la politique économique et le cycle de croissance de la Chine, alors que la crise de la dette en Europe menace la conjoncture du reste du monde. Après deux ans de stimulus public mené de 2008 à 2010 (4000 milliards de yuans injectés) pour soutenir le pays après la crise de Lehman, le gouvernement chinois a progressivement mis fin à sa politique de soutien au pays. Les mesures de relance ont entraîné une forte hausse des prix (6,5% d'inflation en juillet cette année) et un début de bulle immobilière (hausse des prix de 82% en moyenne entre 2007 et 2010 dans 35 des plus grandes villes du pays). Pour contrer cette flambée des prix alimentaires et immobiliers notamment, le gouvernement chinois a décidé cette année d'augmenter les ratios de réserves obligatoires, ce qui restreint l'accès au crédit. Les mesures mises en place depuis janvier ont été couronnées de succès puisque la croissance a ralenti (9,1% au Q3 2011, contre 12% un an plus tôt), et l'inflation commence à se résorber. Quels sont donc les facteurs de risque pour la Chine l'année prochaine? Une baisse de la demande tout d'abord, puisque la zone euro représente 20% du total de ses exportations et que le précédent de la crise Lehman avait déjà souligné la dépendance de la croissance du pays à la demande extérieure. Or depuis quelques mois, la baisse de la demande étrangère est rendue visible par une progression de plus en plus modérée des exportations, et par des commandes moins dynamiques. Les économistes de Natixis prévoient donc une progression modérée des exportations dans les prochains trimestres, de 3,2% en moyenne. Autre menace pour la conjoncture chinoise l'année prochaine, la crise de financement des PME et la question du shadow banking : comme les crédits bancaires ont principalement été alloués aux entreprises publiques ou celles liées au secteur public, les PME privées ont du mal à trouver des financements bon marché. Elles ont pour l'instant eu recours à l'épargne familiale et l'autofinancement, mais devraient faire appel au système de crédit parallèle (shadow banking) plus massivement en 2012, puisque leurs marges d'autofinancement se sont beaucoup réduites. Mais le coût du crédit du shadow banking a triplé, ce qui pourrait pénaliser l'accès au crédit des PME, ou placer celles qui y ont eu recours au bord de la faillite. Les analystes estiment en revanche que le risque d'éclatement de la bulle immobilière n'est pas réel puisque les prix des logements ont augmenté moins vite que les salaires sur la dernière décennie. Et le problème de la hausse des prix de l'immobilier, qui pèse surtout sur les catégories les plus défavorisées, pourrait donc en partie être résolu par la construction de logements sociaux. Ainsi que par le développent du système financier, pour inciter les chinois à placer leur épargne en banque plutôt que dans l'immobilier. Le risque chinois est donc principalement lié aux chocs de la demande extérieure à court terme, d'où un scénario de soft landing en 2012 chez la plupart des économistes.
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