Asset, Management / Gestion d'actifs
Asset, Management
Gestion d'actifs
Le climat est-il un risque systémique ?
Mirova en est persuadée. La société de gestion, filiale de Natixs AM, spécialisée dans l’investissement responsable, estime que le vœu formulé par les Etats de limiter à 2 degrés le réchauffement climatique ne pourra se faire qu’avec l’aide des acteurs économiques. « La transition énergétique ne pourra aboutir que si nous parvenons à mobiliser l’épargne des investisseurs privés. Le succès de la COP21 dépend donc aussi de la faculté des sociétés de gestion à proposer des solutions qui répondent aux enjeux climatiques, tout en générant la performance attendue par les investisseurs », explique ainsi Philippe Zaouati, directeur général de Mirova. D’où la présentation ce matin par cette firme vieille de deux ans de solutions pour répondre aux défis qui seront mis en exergue par la conférence des nations unies du 30 novembre au 11 décembre prochains.
Les experts notent des avancées non négligeables dans la prise de conscience par les pouvoirs publics des enjeux du réchauffement climatique, mais aussi du côté des entreprises. Ainsi, plus de la moitié des investissements en matière d’énergie se font sur le secteur des énergies renouvelables. Des sociétés jouent également leur business model sur ce segment. Ainsi, Toyota, numéro 1 mondial de l’automobile, souhaite réduire de 90% les émissions de carbone de ses véhicules d’ici à 2050.
Mirova, qui gère plus de 6 milliards d’euros d’actifs, note que la transition vers une économie bas carbone se traduit par des variations de marché et d’environnement réglementaire. D’où les risques par exemple pour les sociétés pétrolières de ne pouvoir exploiter une partie de leurs réserves. Réserves sur lesquelles reposent leurs valorisations. « On est assis sur des risques systémiques avec des niveaux de valorisations qui reposent sur de forts niveaux d’énergies fossiles », note Hervé Guez, directeur de la recherche investissement responsable chez Mirova.
Afin d’agir au mieux contre le réchauffement climatique, la société de gestion a développé avec des partenaires une méthodologie pour mesurer l’impact carbone des portefeuilles d’investissement. La société investit à travers trois grands axes : les infrastructures (1,5 milliard d’euros), les actions (un peu moins de 3 milliards) et les obligations (1,5 milliard notamment en « green bonds »). Par exemple, le marché des « green bonds » devrait peser 100 milliards de dollars d'ici à un an, alors même qu'il était en dessous des 10 milliards encore en 2012. Le secteur se diversifie et gagne en profondeur, offrant ainsi de nouvelles opportunités.
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