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Laurent-Perrier dans le blizzard

La célèbre maison champenoise affiche des résultats préoccupants.
Depuis le début de la crise, les difficultés des marques de champagne à vendre leurs vins festifs et souvent luxueux ne s'estompent pas. Laurent-Perrier, une des rares maisons familiales ayant conservé son indépendance, en fait plus que les frais. Son résultat net au cours du premier semestre 2009/2010 chute de 84%. Au-delà de la baisse des volumes (-23%) qui s'inscrit dans la tendance générale du marché, le groupe Laurent-Perrier voit sa marge opérationnelle se replier de 14 points, en raison d'un effet volume, et de la baisse des ventes de flacons haut de gamme. La famille Nonancourt compte sur un rebond du marché. Certes le chiffre d'affaires de Laurent-Perrier en France - plus de 50% des ventes - enregistre une légère amélioration au cours du second trimestre. Mais ce ne sont pas tant les cuvées de prestige comme Grand Siècle qui voient leur horizon s'éclaircir que les marques de seconde catégorie comme Castellane ou Delamotte, et plutôt en France qu'ailleurs. Les exportations de bulles de luxe ont dégringolées. Aux Etats-Unis, au Japon ou encore dans des marchés européens matures comme Grande-Bretagne ou la Belgique. Or contrairement à Rémy Martin, moins sensible à la conjoncture car ses cognacs de prestige, à la notoriété exceptionnelle, enregistrent une croissance exponentielle dans les des pays émergents, Laurent Perrier vend ses champagnes chics de façon trop marginale en Asie ou au Moyen-Orient pour que cela soutienne le groupe. Le problème qui se pose aujourd'hui est celui de sa gamme supérieure, les champagnes Laurent-Perrier ou Salon. La maison dirigée par Stéphane Tsassis a fait le choix de demeurer sur une stratégie de valeur et ne fera en conséquence aucune promotion sur ces deux noms. Elle ne poussera pas ses champagnes grande consommation. N'est-ce pas dangeureux, alors que de nombreux producteurs sont en train de ressortir des vins secondaires pour prendre part à la guerre des prix qui se dessine pour la période de Noël ? Vranken, Lanson, Boizel Chanoine ou encore Pernod Ricard sont dans la course. Reste qu'une institution de luxe ne doit pas brader son offre au gré des vents. Dans ce cas le jardin Laurent-Perrier, son image de marque, devra attendre le printemps.
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