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Macro-économie
Panorama de l'économie mondiale : un optimisme nuancé
La Coface a publié son analyse trimestrielle de l’économie mondiale. A cette occasion, elle évoque « un vent d’optimisme », soulevé par l’assouplissement des conditions de crédit et le regain de confiance des consommateurs et des investisseurs qui peuvent désormais évoluer dans un « contexte macroéconomique apaisé ». Toutefois, plusieurs mises en garde accompagnent l’euphorie générale particulièrement au Royaume-Uni, en Chine et aux Etats-Unis.
En zone euro, les bonnes nouvelles s’accumulent. Séduits par des conditions de prêts alléchantes et soutenus par des flux de trésorerie en pleine croissance, les investisseurs soutiennent l’activité et la création d’emplois. La confiance des consommateurs a retrouvé son niveau d’avant-crise, le PMI manufacturier et les nouvelles commandes augmentent. En France, la victoire d'Emmanuel Macron semble avoir eu l’impact escompté : l’indice de sentiment industriel est au plus haut depuis les résultats des dernières élections. D’après la société de gestion Carmignac, la reprise européenne se diffuse d’ailleurs aussi au Sud. La Coface partage cet avis : à ce titre, l’Espagne et le Portugal gagnent tous deux une place dans son classement mondial, « risque d’impayés des entreprises ». L’Espagne passe ainsi de la notation A3 à A2, soutenue par un marché du travail dynamique et de fortes exportations, le Portugal quant à lui est désormais noté A3 grâce à la décision de la Commission Européenne de mettre un terme à la procédure de déficit excessif et, comme son voisin, grâce au rebond de ses exportations.
Et si Mario Draghi s’aligne sur les positions de Janet Yellen d’éponger les excès de liquidités, le rapport de la Coface souligne que, « dans les trimestres à venir, le resserrement progressif de la politique monétaire de la BCE sera certes à surveiller, mais son impact sur les entreprises européennes ne devrait pas remettre en cause la reprise ». Carmignac est de cet avis évoquant par ailleurs l’effet de signal positif que le resserrement monétaire envoie aux investisseurs, résultat d’une reprise de la croissance, bien qu’elle soit à ce stade modérée. La Coface quant à elle argumente que la hausse des taux sera compensée par la baisse du risque de marché liée à l’amélioration des conditions économiques. Finalement, seul maillon faible du panorama européen actuel, le Royaume-Uni, où la Coface prévoit une hausse de 9% des défaillances privées. Un an après le Brexit, cette détérioration s’explique par le ralentissement de la consommation des ménages, avec une pression particulière sur le secteur du textile, de l’automobile et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).
En Russie également, la conjoncture économique s’améliore, une bonne nouvelle pour ses pays voisins, membres de la Communauté des Etats Indépendants (CEI), qui profitent d’un redressement synchrone. Alors que l’économie russe se heurtait à d’importants freins structurels en début d’année, le pays se joint à l’embellie économique mondiale profitant d’une reprise à un rythme toutefois timide. Cette dernière est appuyée par la stabilité - bien que relative - du cours des matières premières, et par la réduction des pressions inflationnistes, deux leviers qui profitent à ses voisins grâce au commerce et aux transferts des travailleurs expatriés. En conséquence, la Russie, l’Arménie et l’Ouzbékistan ont été reclassés par la Coface. D’après le rapport, deux sources d’inquiétudes demeurent : le risque politique et la fragilité des secteurs bancaires de certains pays, particulièrement de l’Ukraine, du Kazakhstan et de l’Azerbaïdjan.
Ces pays de la CEI ne semblent pas être les seuls à être écartés des prévisions optimistes de croissance à la fois de la Coface et des analyses de Carmignac. Du côté de la Chine, les signes de ralentissement se multiplient : la production industrielle, l’investissement, les ventes au détail, l’indice PMI des entreprises, les prix de l’immobilier, tous sont au plus bas, « et dans ces conditions, le risque de défaillance des entreprises augmente », prévient la Coface. En outre, les autorités monétaires chinoises ont durci leur politique à deux reprises, en février et en mars, rendant les conditions de crédits bien moins aisées.
Et le bilan n’est pas non plus satisfaisant du côté des Etats-Unis qui continuent d’envoyer « des signaux contradictoires ». En effet, le taux de chômage est au plus bas – à des niveaux encore plus faibles que les prévisions de chômage à long terme de la FED-, l’optimisme des ménages et des entreprises est à un niveau élevé et d’après le rapport, près de 175.000 emplois non agricoles ont été créés en moyenne au quatrième trimestre 2016. Pourtant, le revenu disponible a diminué en début d’année et, « l’endettement des entreprises a augmenté au profit des dividendes et des rachats d’actions plutôt qu’en faveur des dépenses d’investissement ». Le rapport de Carmignac explique ce phénomène par « une croissance américaine vieillissante avec des caractéristiques de fin de cycle ». La normalisation monétaire annoncée par Janet Yellen devrait par ailleurs freiner la progression de crédit et réduire le pouvoir d’achat des consommateurs. Les experts de Carmignac appellent donc à la «patience et la prudence» à l'égard des Etats-Unis.
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