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Veolia plus musclé

Antoine Frérot déroule aujourd'hui sa nouvelle stratégie qui va le conduire à céder pour 5 milliards d'euros d'actifs en deux ans, soit autant que toute sa capitalisation boursière...
Cela fait quatre mois que les actionnaires, les gérants de portefeuille, les investisseurs, mais aussi les salariés, les clients, les fournisseurs et les partenaires de Veolia attendent ce jour où Veolia s'est engagé à afficher sa nouvelle stratégie de développement, ses objectifs financiers et son programme de cessions. S'agissant de la stratégie, elle est claire : il s'agit désormais de recentrer le groupe sur toutes les solutions de services aux collectivités en matière d'eau, d'énergie ou de déchets où il peut offrir une valeur ajoutée. De fait Veolia serait reconcentré, plus flexible, plus apte à saisir des opportunités de croissance externe dans les pays émergents. De fait, l'entreprise serait aussi à la fois moins capitalistique (à cause de sa présence actuelle dans les transports) et moins leveragée (à cause de toutes les cessions programmées et celles d'ores et déjà réalisées). Tout cela amène Veolia à se transformer radicalement. Et tous ceux qui connaissent un tant soit peu les questions de management, surtout dans des organisations aussi anciennes et complexes que Veolia (héritière de la Compagnie Générale des Eaux créée il y a plus d'un siècle et demi) savent à quel point le chantier auquel s'attelle Antoine Frérot est complexe et mérite à la fois du courage et de l'endurance. Le marché va donc surveiller désormais, comme le lait sur le feu, le programme annoncé des cessions : 5 milliards d'euros au cours des deux prochaines années, dans le domaine de l'eau régulée au Royaume-Uni (comme Suez l'a fait il y a quelques années), dans les déchets solides outre-Atlantique et puis avec la recomposition de l'actionnariat de Veolia-Transdev, comme WanSquare a été le premier à le révéler hier matin. En la matière, la seule crédibilité d'un management réside dans son action passée. Or, il se trouve que sur la période 2009-2011, les dirigeants de Veolia s'étaient engagés à céder pour 3 milliards d'euros d'actifs. Et à six mois de l'échéance, le montant des désinvestissements s'élève déjà à 3,6 milliards d'euros. Cela signifie que les actifs à vendre ne sont pas aussi mal valorisés que la Bourse veut bien le croire ou que les responsables du groupe savent faire ressortir leurs atouts. Au final, il va en ressortir un Veolia moins endetté de 12 milliards d'euros en termes nets d'ici deux ans, plus agile, plus resserré et surtout plus musclé. Mutatis mutandis, la marge opérationnelle du groupe serait immédiatement supérieure de 0,4 %, si l'on appliquait aux ratios de 2010 ce qui vient d'être décidé pour les deux prochaines années. Tout cela aide à comprendre pourquoi Antoine Frérot a souhaité donner des signes de confiance à ses actionnaires en leur assurant pour les deux prochaines années un dividende de 0,7 euro, correspondant à un rendement de 7,4 %. Juste consolation après les quatre mois difficiles qu'ils viennent de vivre.
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