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Une corde de plus à l'arc d'Axa Private Equity

Le plus grand fonds de private equity d'Europe a levé un véhicule d'infrastructure de 1,75 milliard d'euros, preuve de l'intérêt pour cette classe d'actifs rentable et acyclique. Reste à boucler le spin-off.
Deux semaines après avoir bouclé un financement unitranche de 220 millions d'euros pour l'acquisition d'IPH par PAI Partners, le plus important jamais conclu en Europe, Axa Private Equity se distingue dans un autre segment cette fois-ci. La société de gestion emmenée par Dominique Senequier vient d'annoncer avoir levé un fonds d'infrastructure de 1,75 milliard d'euros, un montant jamais atteint auparavant. Dans le détail, elle a obtenu 1,45 milliard d'euros d'engagements de ses investisseurs (contre un objectif initial de 1,5 milliard d'euros), et 300 millions de co-investissements. La levée de fonds avait démarré dès 2010, mais entre-temps l'annonce d'un projet de scission de la filiale private equity de l'assureur Axa avait retardé l'avancée du processus. L'enveloppe est en tout cas supérieure au dernier véhicule d'infrastructure, qui avait atteint 1,1 milliard d'euros en 2008. Si bien qu'au total, sur les 31 milliards de dollars gérés aujourd'hui, Axa Private Equity détient 3 milliards d'euros pour son activité d'infrastructures. Une performance d'autant plus notable que les collectes restent difficiles l'an passé pour tous les segments alternatifs. Si les montants sont en hausse d'1 milliard à 23,2 milliards de dollars en Europe, seuls 34 acteurs ont bouclé leur levée, contre 53 en 2008. Le fonds a suscité l'intérêt de nouveaux acteurs, notamment en Allemagne qui devient le premier pays à abonder le véhicule devant la France. La majorité des Limited Partners sont bien entendu européens, mais Axa Private Equity a su attirer des capitaux de la zone Amérique, et plus particulièrement du Canada, un pays où il est historiquement bien implanté notamment avec des liens privilégiés avec la Caisse des Dépôts et Placement du Québec. En réalité, l'appétit des investisseurs de la classe alternative pour les infrastructures semble logique dans le contexte actuel. Grâce à sa taille, la filiale d'Axa peut compter participer à des projets aux côtés de grands industriels européens, des participations qui ne pâtissent pas de la volatilité des marchés et offrent également une protection appréciable contre l'inflation. Ensuite, côté rendement, la classe d'actifs n'a pas à souffrir de la comparaison avec d'autres segments: Axa Private Equity ambitionne ainsi de verser un rendement courant de 7% par an. Enfin, dans un environnement incertain où la diversification des risques est le maître mot, les infrastructures bénéficient d'une faible corrélation avec les autres classes d'actifs. Or, les projets pullulent sur le Vieux Continent. Le fonds compte investir dans les réseaux de gaz et d'électricité, les énergies renouvelables, les infrastructures routières et ferroviaires, mais pas dans les ports, segment considéré comme trop cyclique. Un quart de l'enveloppe a déjà été placé dans quatre projets, dont l'entrée à 23% au capital du fournisseur d'électricité et de gaz naturel Enovos, auprès d'ArcelorMIttal, ou encore le rachat des fermes éoliennes de Poweo auprès de Verbund. Par ailleurs, les grands groupes européens de services aux collectivités, comme les allemands EON et RWE ou encore le français Veolia Environnement, ont d'ambitieux programmes de cessions d'actifs afin de se désendetter, qui seront autant d'opportunités d'investissement pour les spécialistes de ce segment, à des prix raisonnables. Reste que ce coup de projecteur laisse une question lancinante en suspens: quand Axa Private Equity prendra-t-il enfin son envol? Selon les dernières rumeurs, KKR serait à nouveau sur les rangs pour s'associer avec la Caisse des Dépôts et Placement du Québec pour une reprise, sur une valorisation proche de 700 millions de dollars.
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