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Les propositions d’ICE pour redonner des couleurs aux bourses traditionnelles
Face au développement des dark pools, l’Intercontinental Exchange (ICE) a décidé de prendre les choses en main. Le propriétaire du New York Stock Exchange (Nyse) a envoyé sous forme de lettre adressée au gendarme de la Bourse, la SEC, six propositions pour réformer les marchés et redonner des couleurs aux plateformes d’échanges traditionnelles. Cette initiative va de pair avec l’augmentation continue du nombre d’ordres placés sur les systèmes de trading alternatifs. Parmi ses recommandations, ICE suggère que les bourses baissent considérablement leurs frais de courtage. En échange, les banques devraient accepter de laisser plus d’échanges se faire sur les plateformes officielles, selon le projet révélé il y a quelques jours par le Wall Street Journal. Quel accueil ce texte a-t-il reçu ?
Pour mémoire, plusieurs banques sont dans le collimateur des autorités américaines à cause de leurs dark pools, ces des plateformes de transactions opaques où les transactions s'effectuent de gré à gré. La première d’entre-elles est Barclays. L’établissement britannique est poursuivi par le procureur général de New York pour avoir trompé ses clients sur la manière dont fonctionnait son dark pool, LX. Ce que réfute l'accusée. En novembre de nouvelles règles (Regulation Systems Compliance and Integrity) ont été approuvées pour encadrer les marchés et limiter les risques liés à la technologie, tels que les bugs informatiques. Ces normes qui devraient accroître les coûts pour les dark pools, selon les analystes.
Le plan proposé par le patron d’ICE, Jeffrey Sprecher, est qualifié par les commentateurs américains de « grands compromis ». Les recommandations de la bourse ont recueillies plusieurs soutiens. Le plus inattendu est celui du responsable de négoces actions aux Etats-Unis de Crédit Suisse, Daniel Mathison, rapporte le WSJ. L’homme qui jusque-là n’avait pas hésité à tacler les réactions des bourses traditionnelles vis-à-vis des dark pools a, en effet, changé son fusils d'épaule. « Historiquement considérés comme des entités quasi-gouvernementales, aujourd’hui, le NYSE et toutes les autres plateformes de négoce publiques sont des entreprises à but lucratif qui ne se distinguent pas particulièrement des courtiers-négociants », a-t-il écrit dans un témoignage de juin 2012 destiné aux législateurs.
Pourquoi une banque comme Crédit Suisse, l'un des plus grands opérateurs de dark pools aux USA, s’est-elle alliée avec ICE sur ce dossier ? Probablement pour monter sa bonne foi aux régulateurs qui se montrent de plus en plus suspicieux. En revanche, des firmes comme Bats se sont opposées au plan de réforme. « Deux parties essaient de trouver un terrain d’entente qui oublie les investisseurs », a réagi Joseph Ratterman, le CEO de Bats.
Parallèlement, dimanche, le New York Post a indiqué qu'ICE pourrait vendre dans l'année le Nyse. Ce dont s'est défendu le propriétaire auprès de CNBC.
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